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Optimiser la trajectoire des soins du cancer du poumon pour de meilleurs résultats de santé chez les patients

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Un argument en faveur d’un diagnostic, de tests de biomarqueurs et de traitements plus rapides

Le défi

  • Le cancer du poumon est le cancer le plus fréquent au Canada et la principale cause de mortalité par cancer pour les deux sexes. Les taux de survie sont parmi les plus faibles pour tous les types de cancer.1
  • Le cancer du poumon est souvent diagnostiqué à un stade avancé. À ce stade, les options de traitement curatif sont limitées, de sorte qu’un diagnostic précoce a de profondes implications sur le pronostic du patient.
  • Les directives de pratique clinique recommandent systématiquement une évaluation, un diagnostic et un traitement rapide des patients suspectés d’avoir un cancer du poumon. Toutefois, tant entre les établissements de santé qu’au sein du même hôpital, les délais varient considérablement entre le moment où le patient est référé et celui du diagnostic ou du plan de traitement.
  • La mortalité due au cancer du poumon est de 5 à 10 % par mois après le diagnostic.2, 3 Les retards dans les tests de diagnostic font que davantage de patients ne survivent pas assez longtemps pour recevoir un traitement.

L’espoir de thérapies innovantes

  • Au cours de la dernière décennie, les traitements en oncologie ont évolué, qu’il s’agisse de la chimiothérapie, de la thérapie ciblée ou encore de l’immuno-oncologie.
  • Une multitude d’altérations génétiques ciblées potentielles a été identifiée dans le cancer du poumon. La mise en place, en temps opportun, d’un traitement approprié et ciblé, peut améliorer les taux de survie et la qualité de vie.
  • Les thérapies ciblées nécessitent des tests de biomarqueurs en temps opportun. Les patients atteints d’un cancer du poumon connaissent une détérioration rapide de leur état de santé, de sorte que la fenêtre de temps qui les qualifie pour un traitement est mince. Une analyse accélérée des biomarqueurs leur permettrait de recevoir à temps un traitement susceptible de leur sauver la vie.
  • Aujourd’hui, la pathologie joue un rôle de plus en plus important dans la trajectoire de soins des patients atteints d’un cancer du poumon. Elle fait partie intégrante de la planification multidisciplinaire du diagnostic et du traitement et elle a un rôle sur la réduction des délais ainsi que sur l’amélioration des résultats de santé pour les patients.

Pathologie à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec - Université Laval (IUCPQ-UL) réseau du cancer du poumon : Un modèle de soins

  • Basé sur un modèle supra-régional, l’IUCPQ-UL a développé une approche optimisée du diagnostic et des tests moléculaires du cancer du poumon pour réduire à 26 jours, le délai entre le moment où le patient est référé, et celui de son traitement (voir figure 1)
  • Ce délai contraste avec la médiane provinciale de 56 jours (intervalle interquartile de 34 à 81 jours).4

Figure 1

Trajectoire d’un patient atteint d’un cancer du poumon IUCPQ-UL

Sources : IUCPQ-UL; Le Conference Board du Canada.

  • La pathologie joue un rôle central dans cette voie. Un flux de travail optimisé accélère le traitement et garantit un faible taux d’insuffisance des échantillons de tissus.
  • Malgré les volumes élevés, le délai d’exécution de la pathologie est de 2,6 jours. Ce traitement accéléré est essentiel pour les patients à un stade avancé du cancer, où la pathologie moléculaire est nécessaire pour déterminer le meilleur traitement.
  • L’IUCPQ-UL excelle dans tous les objectifs de rendement fixés par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) (voir tableau 1).

Tableau 1

Délais d’exécution en pathologie à l’IUCPQ-UL en 2019 par rapport aux objectifs du MSSS

Test MSSS
Cible 1
IUCPQ-UL
performance
MSSS
Cible 2
IUCPQ-UL
performance
Cytologie 5 jours 2,1 jours 80% 99%
Biopsie 7 jours 2,1 jours 80% 100%
Chirurgie 12 jours 2,4 jours 80% 100%
Biomarqueurs 10 jours 2,2 jours 100% 100%

Sources : IUCPQ-UL; Le Conference Board du Canada.

  • L’adéquation des tissus à la pathologie moléculaire est élevée, avec des taux extrêmement faibles d’échantillons insuffisants (1,5 % contre des taux atteignant 10 % dans d’autres centres).5
  • Par rapport aux moyennes obtenues dans une trentaine d’hôpitaux et de centres régionaux non spécialisés, l’IUCPQ-UL a montré :6
    • un taux d’insuffisance d’échantillons inférieur à 71 pour cent;
    • une économie totale d’environ 57 dollars par biopsie (soit 36 pour cent de moins);
    • des économies de coûts techniques d’environ 50 $ par biopsie (45 pour cent de moins);
    • des économies de coûts liées aux honoraires des pathologistes d’environ 12 $ per biopsie (21 pour cent de moins).

Facteurs de succès de l’IUCPQ-UL

  • un niveau élevé d’expertise spécialisée localisée dans un petit hôpital;
  • des interactions étroites au sein d’une équipe interdisciplinaire comprenant des pneumologues-oncologues, des pathologistes, des chirurgiens, des radiologues et des infirmières;
  • des protocoles normalisés et une pratique homogène (par exemple, séquence claire des étapes, points de contrôle/vérification et mécanismes de contrôle de la qualité pour un traitement optimal des pathologies);
  • des plages horaires réservées aux examens d’imagerie, aux bronchoscopies et aux biopsies;
  • des infirmières spécialisées pour documenter les enquêtes de suivi.

Limitations

Actuellement, on ne connait pas l’impact du laboratoire de pathologie optimisé de l’IUCPQ-UL, sur les taux de survie, l’accès aux thérapies de précision ainsi que sur les résultats rapportés par les patients. Il a fallu des années au Centre pour établir ce niveau d’efficacité ; par conséquent, les données sur les résultats à long terme ne sont pas encore disponibles.

Conclusion

L’approche normalisée de l’IUCPQ-UL en matière de soins du cancer du poumon peut servir de modèle pour une infrastructure de soins de santé qui soutient les tests moléculaires et optimise les délais d’orientation vers un traitement. Ce modèle est conforme aux meilleures pratiques et recommandations internationales en matière de soins du cancer du poumon.

Cette approche pourrait éventuellement être adoptée par d’autres établissements dans le monde entier. Elle favoriserait la réalisation de tests moléculaires en temps opportuns et un délai d’exécution rapide, lesquels produisent les résultats nécessaires pour éviter les retards dans le démarrage du traitement de première ligne.

Remerciements

Cette étude de cas a été complété à la demande de la Coalition priorité cancer au Québec afin de mettre en évidence les meilleures pratiques en matière de diagnostic oncologique et leur impact potentiel sur les résultats des patients.

Isabella Moroz

Isabella Moroz

Associée de recherche principale

Monika Slovinec D’Angelo

Monika Slovinec D’Angelo

Directrice, Santé

1      Canadian Cancer Society, “Lung Cancer Statistics,” consulté le 6 août 2020.

2      Roy S. Herbst et autres, “Pembrolizumab versus docetaxel for previously treated, PD-L1-positive, advanced non-small-cell lung cancer (KEYNOTE-010): a randomised controlled trial,” Lancet 387, no. 10027 (2016): 1540–1550, consulté le 29 octobre 2020.

3      Alice T. Shaw et autres, “Crizotinib versus chemotherapy in advanced ALK-positive lung cancer”, New England Journal of Medicine 368, no. 25 (2013): 2385–2394, consulté le 29 octobre 2020 (une correction publiée apparaît dans New England Journal of Medicine 373, no. 16 (2015): 1582).

4      C. Labbé et autres, "Wait times for diagnosis and treatment of lung cancer across the province of Quebec, Canada,” Journal of Thoracic Oncology 13, no. 10 (2020), S615–S616, consulté le 29 octobre 2020.

5      Communication personnelle avec IUCPQ-UL.

6      Toutes les données sur la qualité et le coût des tissus fournies par l’UICPQ-UL et basées sur 2 511 rapports de pathologie provenant d’échantillons internes et envoyés, analysés pour les biomarqueurs du cancer du poumon à l’UCPQ-UL.

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