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La reprise économique ralentit – Le Conference Board du Canada publie ses Perspectives économiques provinciales

Ottawa, le 18 novembre 2020 – Dans son plus récent numéro des Perspectives économiques provinciales, le Conference Board du Canada prévoit que les fermetures localisées et la réduction des dépenses des ménages et de l’activité des entreprises freineront le rythme de la reprise économique jusqu’à la mi-2021.

Dans la plupart des provinces canadiennes, l’activité économique ne devrait pas revenir à son niveau d’avant la pandémie de COVID-19 d’ici la deuxième moitié de 2021. Toutefois, les perspectives économiques des provinces canadiennes diffèrent en raison des effets variables de la pandémie sur les diverses industries du pays. En attendant, les gouvernements fédéral et provinciaux enregistreront des déficits colossaux cette année, ce qui entraînera probablement une faible croissance des dépenses publiques une fois la pandémie passée.

« Nous prévoyons une baisse du PIB réel mondial de 4,7 % cette année », déclare Pedro Antunes, économiste en chef du Conference Board du Canada. « L’économie mondiale s’est en partie redressée au troisième trimestre, mais la deuxième vague du virus et le retard dans l’adoption de mesures de relance supplémentaires aux États-Unis vont entraver la reprise au quatrième trimestre ».

Par la suite, le Conference Board du Canada prévoit que le rythme de la reprise économique au Canada va ralentir, voire s’arrêter. Certes, l’activité économique est pleinement rétablie dans certains secteurs, mais bon nombre d’entre eux ne verront pas de retour à la normale tant qu’un vaccin ne sera pas disponible pour le public, au Canada et ailleurs dans le monde. Et certaines industries auront encore des difficultés à surmonter dans un avenir prévisible.

En outre, l’arrivée du temps froid, associée à une forte augmentation du nombre de cas de COVID-19 dans de nombreuses provinces, devrait nuire à la reprise économique. Les mesures sanitaires et les tests actuellement en place devraient empêcher un autre arrêt complet de l’activité économique, mais des fermetures localisées et régionales pourraient encore se produire et affaiblir le rythme de la reprise au Canada.

Les mesures monétaires et fiscales extraordinaires ont soutenu le revenu des entreprises et des ménages, en particulier celui des ménages. En fait, malgré les pertes d’emplois, le Conference Board du Canada estime que le revenu disponible réel global des ménages enregistrera un gain record en 2020, soit une hausse de plus de 9 %. Les dépenses de consommation devraient s’accélérer en 2021, à mesure que le marché de l’emploi se rétablira entièrement et que les risques pour la santé liés à la COVID-19 se dissiperont.

Le contexte économique tumultueux, tant au Canada qu’à l’échelle mondiale, n’incite guère à de nouveaux investissements des entreprises. Les investissements réels des entreprises devraient se contracter de près de 11 % cette année, ce qui n’augure rien de bon pour le renforcement des capacités de production du Canada. L’an prochain, les investissements des entreprises devraient connaître une modeste reprise. Le changement imminent d’administration aux États-Unis devrait mettre fin à l’incertitude relative aux échanges et à l’accès au marché américain, une situation qui pourrait contribuer à relancer l’investissement dans l’industrie automobile et les autres secteurs manufacturiers canadiens.

Dans les provinces canadiennes, la reprise économique est en cours. Mais la voie du retour à la normale variera selon les secteurs et les provinces. Quant aux perspectives pour 2021, on s’attend à ce que le PIB réel global du Canada recule de 6,6 % en 2020. Les gains solides prévus en 2021 (jusqu’à 5,6 %) et en 2022 (3,4 %) ne suffiront pas à ramener l’économie canadienne à son plein potentiel. Cette situation laisse entendre que les marchés du travail se rééquilibreront lentement, le taux de chômage restant supérieur à celui de 2019 jusqu’à la fin de 2023.

Principales conclusions

  • L’économie de Terre-Neuve-et-Labrador devrait se contracter de 5,1 % cette année en raison des effets de la COVID-19 ainsi que d’une forte baisse des prix mondiaux du pétrole. La pandémie a entraîné un arrêt quasi total des activités dans la province au début de l’année, affectant tous les secteurs, du commerce de détail et de la restauration aux principales industries. Malgré ces nouvelles négatives, la baisse globale du PIB réel de Terre-Neuve-et-Labrador devrait être inférieure à la moyenne nationale pour 2020.
  • L’Île-du-Prince-Édouard est aux prises avec la plus grave récession de son histoire. Les récents moteurs de la croissance, tels que l’immigration et le tourisme, ont été pratiquement paralysés par la pandémie mondiale actuelle. La bulle de l’Atlantique – qui permet la libre circulation des voyageurs en provenance des trois autres provinces de l’Atlantique – a atténué une partie des impacts économiques. Néanmoins, la baisse de 12 % du PIB au deuxième trimestre est la plus importante jamais enregistrée dans la province. La disponibilité d’un vaccin au milieu de l’année 2021, de même que la réouverture de la frontière entre les États-Unis et le Canada, devraient permettre une reprise du tourisme et de l’immigration, et aider ainsi la province à revenir au niveau de croissance d’avant la pandémie d’ici le début de l’année 2022.
  • La Nouvelle-Écosse a maintenu la hausse quotidienne du nombre de cas de COVID-19 à un niveau faible et constant au cours de la deuxième vague de la pandémie au Canada. Cela donne au gouvernement provincial la marge de manœuvre nécessaire pour assouplir certaines des mesures de distanciation sociale prises au cours de l’automne, notamment l’allongement des heures d’ouverture des restaurants et des bars, ainsi que la possibilité de tenir de plus grands rassemblements. Nous prévoyons que le PIB réel de la province diminuera de 6,1 % en 2020. En 2021, la vigueur des investissements résidentiels, la reprise de la demande mondiale et le lancement du projet de GNL Goldboro, d’une valeur de 10 G$, entraîneront un rebond de la croissance du PIB de 3,2 %. L’économie de la province devrait retrouver son niveau d’avant la crise de la COVID d’ici la mi-2022.
  • L’économie du Nouveau-Brunswick devrait enregistrer l’une des meilleures performances du Canada. En octobre, le nombre d’emplois était inférieur de 2,3 % à celui de février, ce qui est mieux que la baisse moyenne de 3,3 % à l’échelle nationale. Le ratio relativement élevé de travailleurs du secteur public par rapport à l’ensemble des travailleurs avait sans doute permis jusqu’ici d’atténuer les récessions antérieures dans cette province de l’Atlantique, mais l’optimiste quant à l’activité économique repose sur différents facteurs cette fois-ci. Au total, le PIB du Nouveau-Brunswick devrait chuter de 5,2 % en 2020.
  • Le Québec est confronté à un hiver très difficile. Les cas de COVID-19 étant à nouveau en hausse, des restrictions touchant les activités parmi les plus névralgiques sont maintenant en place dans presque toutes les régions situées le long du fleuve Saint-Laurent. À l’approche de l’hiver et alors que la COVID-19 continue de miner la confiance des consommateurs et des entreprises, la faiblesse de la demande économique laisse entrevoir l’inquiétante perspective d’un déclin de l’activité économique au quatrième trimestre. Le retour probable à une fermeture partielle de l’économie ralentira la reprise, ce qui contribuera à un recul global de 6,7 % du PIB réel en 2020. Un redressement prolongé est attendu, les prévisions de croissance du PIB étant de 4,6 % en 2021.
  • L’économie de l’Ontario a affiché certains résultats positifs dans un ensemble de données très nuancées. La reprise de l’emploi a pris du retard par rapport à celle de nombreuses autres provinces, mais la création d’emplois a été importante dans les services financiers et les services professionnels, deux secteurs d’activité où les salaires sont élevés. De plus, les ventes de produits manufacturés dans la province se sont entièrement redressées en août avant de diminuer légèrement en septembre. Et comme dans les autres provinces, les dépenses des ménages et les marchés du logement ont également bien résisté à la pandémie. Selon nos prévisions, l’économie devrait connaître des difficultés au quatrième trimestre, mais enregistrer une croissance de 5,2 % l’an prochain.
  • Le Manitoba s’en est relativement bien tiré durant la première vague de COVID-19 au Canada au début de l’année, mais la province éprouve des difficultés en raison de la récente augmentation du nombre de cas. Le PIB réel du Manitoba devrait chuter de 6,2 % cette année, soit un peu moins que le recul de 6,6 % attendu au Canada. Il devrait ensuite remonter de 3,5 % l’an prochain, soit nettement moins que les 5,6 % prévus dans l’ensemble du Canada. Compte tenu de la récente flambée des cas de COVID-19, nous prévoyons que la reprise économique du Manitoba sera retardée jusqu’en 2022.
  • L’économie de la Saskatchewan s’est repliée de 0,8 % en 2019, et comme dans toutes les autres régions, la pandémie est au premier plan des problèmes financiers de la province cette année. Dans l’ensemble, le PIB réel de la province chutera de 4,9 % cette année, puis enregistrera un rebond de 4,5 % en 2021. Si les perspectives économiques de la Saskatchewan sont sombres, un certain optimisme est de mise, car la province a réussi à mieux surmonter la crise causée par la pandémie de COVID-19 que de nombreuses autres provinces.
  • L’Alberta est actuellement confrontée à une propagation du virus beaucoup plus grave, qui risque de nuire à la reprise économique de la province. Le nombre de cas quotidiens en novembre a presque triplé. À l’approche de l’année 2021, alors que le virus se répand plus rapidement que jamais, un scénario dans lequel la province met en œuvre des mesures de confinement plus strictes est envisageable. Quoi qu’il en soit, l’incertitude dans le milieu des affaires et l’activité limitée des ménages ralentiront le rythme de la reprise au cours du premier semestre 2021. Un redressement de 6,0 % de l’économie albertaine se profile à l’horizon l’an prochain.
  • Selon les dernières prévisions provinciales du Conference Board du Canada, la Colombie-Britannique devrait être en tête du pays à titre de province ayant subi le moins de préjudices économiques cette année. Cependant, la propagation accélérée de COVID-19 a modéré le rythme de la reprise dans la province. Le nombre de nouveaux cas d’infection a commencé à grimper en août; le 19 octobre, la Colombie-Britannique annonçait officiellement l’arrivée d’une seconde vague de la pandémie sur son territoire. D’après nos prévisions, le PIB réel de la province chutera de 6,1 % cette année et progressera de 4,9 % en 2021.

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Le rapport est à la disposition des médias à des fins éditoriales et notre équipe d’économistes est accessible pour des commentaires et des interviews; veuillez envoyer un courriel à media@conferenceboard.cafor pour toute demande de renseignements et pour accéder au rapport.

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