Classement provincial et territorial 

État de santé autodéclaré

Messages clés

  • Les provinces et les territoires ont tous obtenu au moins un « A », voire un « A+ » dans le cas des Territoires du Nord-Ouest, du Québec, du Manitoba, de l’Alberta et de l’Ontario, pour leur état de santé autodéclaré, qui est meilleur que dans n’importe quel autre pays comparable au Canada.
  • Au Canada, c’est au Nouveau-Brunswick qu’on enregistre le plus piètre état de santé autodéclaré, mais cela n’empêche pas la province de devancer 13 pays comparables.
  • Les Territoires du Nord-Ouest affichent la plus faible proportion d’habitants disant souffrir de douleurs ou de malaises parmi les provinces et les territoires, ce qui vient étayer la note « A+ » qu’ils méritent sur le plan de l’état de santé autodéclaré.

Mettre l’état de santé autodéclaré en contexte

« Comment décririez-vous votre état de santé général? » Voilà l’une des questions les plus souvent posées pour évaluer l’état de santé. L’état de santé autodéclaré figure maintenant parmi les indicateurs les plus couramment utilisés dans les enquêtes sur la santé publique au Canada et dans les pays comparables. Il reflète les dimensions physique, émotionnelle et sociale de la santé et du bien-être. La perception qu’ont les gens de leur état de santé est considérée comme un bon indicateur du fardeau de la maladie.    

L’indicateur de l’état de santé autodéclaré complète celui de l’espérance de vie, auquel on reproche parfois d’accorder trop d’importance à la quantité des années de vie et pas assez à leur qualité.

L’indicateur de l’état de santé autodéclaré est-il trop subjectif?

Certains chercheurs estiment que la perception qu’a une personne de son état de santé est trop subjective. D’autres avancent que l’appréciation que portent les personnes sur leur santé sera influencée par des différences culturelles entre les pays. Quoi qu’il en soit, il a été établi que les indicateurs de perception de l’état de santé permettaient de faire de bonnes prévisions de l’évolution de la consommation de soins de santé et des taux de mortalité.

L’état de santé autodéclaré peut également refléter des aspects de la santé – comme la gravité des maladies et les maladies non diagnostiquées – qui ne sont pas pris en compte par des indicateurs plus objectifs. Un état de santé autodéclaré allant de bon à excellent coïncide avec un risque de mortalité moindre1. À l’inverse, un état de santé autodéclaré comme étant mauvais peut être un bon facteur de prédiction de maladie ultérieure et de décès prématuré2.

Il existe une corrélation également entre l’état de santé autodéclaré et l’âge, les personnes âgées étant plus susceptibles que les gens relativement jeunes de se déclarer en mauvaise santé.

Les comparaisons internationales de l’état de santé autodéclaré sont-elles justes?

L’état de santé autodéclaré reflète la perception générale que les individus ont de leur santé, tant physique que psychique. Toutefois, la prudence est de mise dans les comparaisons internationales. L’appréciation que les personnes donnent de leur propre état de santé est subjective et peut être influencée par divers facteurs comme le contexte culturel et les spécificités nationales. De plus, la formulation de la question et les catégories de réponses utilisées pour mesurer l’état de santé autodéclaré varient. Par exemple, aux États-Unis, au Canada et en Australie, les catégories de réponses proposées aux participants à l’enquête ne sont pas les mêmes que dans les autres pays de l’OCDE. L’échelle des réponses dans ces trois pays peut donner des résultats biaisés vers le haut.

Ainsi, dans les enquêtes sur la santé, on pose généralement la question suivante : « Comment décririez-vous votre état de santé général? » Aux États-Unis, au Canada et en Australie, les réponses positives sont divisées en trois catégories : « excellent », « très bon » ou « bon ». Dans les autres pays de l’OCDE, elles sont réparties dans deux catégories : « très bon » ou « bon ». Par conséquent, les réponses « excellent » et « très bon » aux États-Unis, au Canada et en Australie sont généralement regroupées dans une catégorie plus vaste, « très bon », par souci de cohérence avec les réponses d’autres pays de l’OCDE. Les résultats de ces trois pays risquent donc de présenter un biais vers le haut de 5 à 8 %3.

Comment les provinces et les territoires s’en sortent-ils par rapport aux pays comparables au Canada?

Au chapitre de l’état de santé autodéclaré, le Canada arrive au premier rang des 16 pays de comparaison. Les provinces et les territoires ont tous obtenu un « A+ » ou un « A », la plupart d’entre eux devançant tous les pays semblables au Canada. Les Territoires du Nord-Ouest arrivent en tête du classement : 90,7 % des habitants ont qualifié leur état de santé de « bon » ou de « très bon » en 20124. Le Québec est la seule province à avoir franchi le seuil des 90 %. Cela dit, la proportion des habitants qui perçoivent leur état de santé comme étant « bon » ou « très bon » atteint au moins 84 % dans les autres provinces et territoires.

Dans l’ensemble du Canada, environ 88,8 % des habitants ont dit que leur état de santé était « bon » ou « très bon »; viennent ensuite au deuxième rang les États-Unis, avec une proportion de 87,5 %, puis l’Australie, avec 85,4 %. L’état de santé autodéclaré atteint généralement un niveau élevé dans la plupart des pays. Seuls la France, la Finlande, l’Allemagne et le Japon affichent une proportion d’habitants qualifiant leur état de santé de bon inférieure à 70 %. En fait, le Japon fait figure d’anomalie pour cet indicateur, car 30 % seulement de sa population déclarent être en « bonne » ou en « très bonne » santé. Ce score si faible est étonnant, car les Japonais arrivent au deuxième rang sur le plan de l’espérance de vie, affichent un très faible taux de mortalité prématurée et occupent l’antépénultième rang au chapitre de la mortalité due au cancer, l’avant-dernier rang pour leurs taux nationaux de mortalité due au diabète et aux maladies cardiovasculaires, et le dernier rang pour la mortalité due aux maladies du système nerveux. Cette piètre performance du Japon pourrait s’expliquer en partie par sa population vieillissante et âgée. Comme nous l’avons noté plus haut, les personnes âgées sont plus susceptibles de se déclarer en mauvaise santé.

Comment se situent les provinces et les territoires les uns par rapport aux autres?

S’agissant de l’état de santé autodéclaré, les Territoires du Nord-Ouest et le Québec arrivent en tête de classement des régions du Canada. Ce sont aussi les deux seules régions dont au moins 90 % de la population de 15 ans et plus ont qualifié leur état de santé de « bon », « très bon » ou « excellent » en 2012. La plupart des provinces occupent aussi des rangs élevés pour cet indicateur. Le Nunavut et le Nouveau-Brunswick se classent au dernier rang des régions canadiennes. Toutefois, la moyenne canadienne se situant à 88,8 %, l’écart entre les premier et dernier rangs est mince.

Les douleurs ou les malaises ont-ils une incidence sur l’état de santé autodéclaré?

Même si on leur a diagnostiqué une maladie, les personnes qui reçoivent un traitement adéquat peuvent mener une vie relativement active et pleinement satisfaisante. Il se peut donc que, malgré leur maladie, leur état de santé autodéclaré soit très positif. Toutefois, on note des cas où, en raison d’une maladie, les personnes ressentent des douleurs ou des malaises qui peuvent altérer radicalement leur qualité de vie. Dans une étude de 1998, on a constaté que les douleurs et les malaises avaient une incidence considérable sur la perception de la qualité de vie générale en ce qui a trait à la santé. En outre, on a établi un rapprochement entre une douleur de durée prolongée et une qualité de vie qui s’appauvrit5. Par conséquent, puisque l’état de santé est un indicateur autodéclaré, une période prolongée de douleur ou de malaise devrait en principe avoir une incidence sur les résultats.

À l’échelle du Canada, ce sont les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut qui ont déclaré les taux les plus bas de douleurs ou de malaises en 2013. En effet, seuls 9,7 % des habitants des Territoires du Nord-Ouest de 12 ans et plus ont dit qu’ils souffraient de douleurs ou de malaises, modérés ou sévères, alors qu’au Nunavut, cette proportion était de 10,3. À l’inverse, la Nouvelle-Écosse, le Yukon et l’Île-du-Prince-Édouard ont affiché les taux les plus hauts de douleurs et de malaises, soit près de 15 % dans tous les cas. Fait étonnant, ces résultats ne concordent pas tout à fait avec le classement établi en ce qui a trait à l’état de santé autodéclaré, puisque le Nunavut se classe bon dernier parmi les provinces et les territoires pour cet indicateur. Comme il occupe aussi un rang peu élevé en ce qui concerne l’état de santé mentale autodéclaré, il se peut que sa piètre performance au chapitre de l’état de santé autodéclaré soit davantage attribuable à des problèmes psychologiques qu’à des douleurs ou malaises. Les résultats médiocres en matière de santé mentale autodéclarée n’ont rien étonnant compte tenu du haut taux de suicide au Nunavut.  

Au Québec et au Manitoba, une forte proportion des 12 ans et plus a déclaré souffrir de douleurs ou de malaises, modérés ou sévères. Pourtant, l’état de santé autodéclaré atteint un niveau élevé dans ces provinces comparativement aux autres provinces et territoires. En revanche, une faible proportion des habitants de la Saskatchewan fait état de douleurs ou de malaises, mais la province se classe bas par rapport aux autres provinces.

Le cas de Terre-Neuve-et-Labrador est plutôt étonnant – la province occupe un rang élevé pour l’indicateur de l’état de santé autodéclaré et celui des douleurs et malaises, mais ses résultats en matière de santé sont parmi les pires au pays. En effet, cette province affiche les plus haut taux de mortalité due au cancer du côlon, au cancer du sein, aux maladies cardiovasculaires, ainsi qu’au diabète de toutes les provinces.


Notes de bas de page

1    E.L. Idler et Y. Benyamini, « Self-Rated Health and Mortality: A Review of Twenty-Seven Community Studies », Journal of Health and Social Behavior, vol. 38, no 1, mars 1997, p. 21-37.

2    J. McCallum et coll., « Self-reported Health and Survival: A 7-Year Follow-Up Study of Australian Elderly », American Journal of Public Health, vol. 84, no 7, juillet 1994, p. 1100-1105.

3    Organisation de coopération et de développement économiques, Panorama de la santé 2013.

4    Selon la définition de l’OCDE. D’après des données de Statistique Canada, 90,7 % des habitants ont qualifié leur état de santé d’« excellent », de « très bon » ou de « bon ».

5    Suzanne M. Skevington, « Investigating the Relationship Between Pain and Discomfort and Quality of Life, Using the WHOQOL », PAIN, vol. 76, no 3, juin 1998, p. 395-406.

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Pourcentage de la population de 15 ans ou plus qualifiant son état de santé de « bon » ou « très bon »

Note :
Les données affichées sur cette page datent de février 2015.