Classement provincial et territorial 

Mortalité due à des maladies respiratoires

Messages clés

  • L’Ontario et la Colombie-Britannique affichent le taux de mortalité due à des maladies respiratoires le plus bas au pays et décrochent un « B ».
  • Les territoires se situent au bas du classement. Au Nunavut, le taux de mortalité due à des maladies respiratoires est presque cinq fois supérieur à la moyenne canadienne.
  • C’est au Québec et dans les provinces Maritimes que la prévalence de la maladie pulmonaire obstructive chronique, une maladie respiratoire majeure, est la plus forte.

Mettre la mortalité due à des maladies respiratoires en contexte

Les maladies respiratoires comprennent la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), l’asthme, la tuberculose, la bronchiolite, l’emphysème, la fibrose kystique, la grippe et la pneumonie. Bien que le Canada et la plupart des pays comparables aient connu une baisse des maladies respiratoires ces dernières décennies, le vieillissement de la population dans les pays développés devrait entraîner une recrudescence de ces maladies à l’avenir.

Dans quelle mesure les maladies respiratoires affectent-elles la qualité de vie des Canadiens?

Plus de trois millions de Canadiens de tous âges sont atteints d’une maladie respiratoire grave comme l’asthme, la MPOC, le cancer du poumon, la tuberculose, la fibrose kystique et le syndrome de détresse respiratoire. Cependant, les vrais chiffres sont probablement beaucoup plus élevés, car on ne dispose pas de données pour les autres maladies respiratoires comme la grippe, la pneumonie et la bronchiolite<1. Après les maladies cardiovasculaires et le cancer, les maladies respiratoires sont la troisième cause d’hospitalisations et de décès au Canada2.

Le tabagisme est le principal facteur de risque évitable pour les maladies respiratoires comme le cancer du poumon et la MPOC. Heureusement, la proportion de fumeurs a nettement chuté au cours des dernières décennies. Ainsi, pour les seules dix dernières années, la proportion de fumeurs quotidiens est passée de 17,9 à 14,2 % au Canada3.

Malgré la chute de la proportion de fumeurs, le Canada, comme beaucoup d’autres pays comparables, fait face à une augmentation des maladies respiratoires chroniques. Comme l’explique un rapport publié par Santé Canada, « étant donné que bon nombre de ces maladies touchent les adultes de 65 ans et plus, le nombre de personnes souffrant de telles maladies augmentera au fur et à mesure que vieillira la population. La hausse de la demande pour des services de santé qui en découlera constituera un défi de taille pour le système de soins de santé4 ».

Comment les provinces et les territoires s’en sortent-ils par rapport aux pays comparables au Canada?

Parmi les provinces, l’Ontario est celle qui enregistre la mortalité due à des maladies respiratoires la plus faible, avec 58 décès pour 100 000 habitants, ce qui lui vaut un « B », derrière sept pays comparables au Canada. La Colombie-Britannique suit de peu l’Ontario, obtenant elle aussi un « B » avec une moyenne de 60,3 décès pour 100 000 habitants entre 2009 et 2011. La Finlande – qui occupe la première place du classement – affiche 32,9 décès pour 100 000 habitants.

Dans l’ensemble, le Canada reçoit un « B » et se classe huitième sur les 16 pays, avec une moyenne de 63,1 décès pour 100 000 habitants entre 2009 et 2011. Toutes les autres provinces se situent en dessous de la moyenne canadienne. L’Île-du-Prince-Édouard, province la plus mal classée, écope d’un « C » avec une moyenne sur trois ans de 80 décès pour 100 000 habitants, mais elle devance six pays comparables au Canada.

Les territoires se situent au dernier rang du classement, avec le taux de mortalité le plus élevé. Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest reçoivent un « D », tandis que le Nunavut écope d’un « D- », avec un taux moyen de mortalité presque trois fois supérieur à celui du pays comparable le plus mal classé, à savoir le Royaume-Uni.

Comment se situent les provinces et les territoires les uns par rapport aux autres?

L’Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus performantes et décrochent un « B » pour le taux de mortalité due à des maladies respiratoires. L’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse sont les provinces les moins performantes et reçoivent un « C ». Les territoires enregistrent le taux plus élevé au Canada. Ce taux varie peu d’une province à l’autre. En revanche, il existe de fortes disparités entre les provinces et les territoires. Ainsi, le taux de mortalité due à des maladies respiratoires au Nunavut est presque quatre fois supérieur à celui de l’Île-du-Prince-Édouard, province la moins performante pour cet indicateur.

Pourquoi la mortalité due à des maladies respiratoires est-elle si élevée dans les provinces de l’Atlantique?

Les facteurs de risque des maladies respiratoires comprennent le tabagisme (actif et passif), de mauvaises conditions de vie et une mauvaise alimentation. Dans les provinces de l’Atlantique, le taux de tabagisme est nettement supérieur à la moyenne canadienne, qui était de 14,9 % entre 2011 et 2013. En moyenne, plus de 17 % de la population des 12 ans et plus fumaient quotidiennement dans ces quatre provinces. De plus, les habitants de ces quatre provinces sont davantage exposés au tabagisme passif5. À cela s’ajoutent les conditions de vie, qui sont probablement pires pour une grande partie de la population de ces provinces, étant donné que la proportion des personnes de 18 à 64 ans ayant un faible revenu à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick est supérieure à la moyenne canadienne, qui est de 14,4 %6.

Pourquoi la mortalité due à des maladies respiratoires est-elle si élevée dans les territoires?

La mortalité due à des maladies respiratoires est certes élevée au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest — avec une moyenne respective de 100,5 et 103,1 décès pour 100 000 habitants entre 2009 et 2011 —, mais elle est sans commune mesure au Nunavut. En effet, celui-ci a enregistré environ 303,3 décès pour 100 000 habitants entre 2009 et 2011, soit presque cinq fois plus que la moyenne canadienne.

La plus forte mortalité dans les territoires s’explique principalement par les plus mauvaises conditions de vie qui y règnent, particulièrement chez les Autochtones. Le plus grand taux de pauvreté, le surpeuplement des logements et la part importante de logements nécessitant des réparations majeures sont autant de facteurs qui contribuent aux maladies respiratoires dans les territoires7. Au Nunavut, territoire affichant le pire résultat pour cet indicateur, la différence de conditions de vie avec le reste du pays est claire. Environ 27,7 % des logements ont besoin de réparations majeures, contre seulement 7,3 % au niveau national. En outre, environ 30,5 % des logements sont considérés comme « inadéquats », alors que le taux national n’est que de 6 %. Enfin, dans 18,7 % des foyers, le logement abrite plus d’une personne par pièce, alors que le taux national est de seulement 2 %8.

Le taux élevé de tabagisme dans les territoires contribue lui aussi à la plus forte mortalité due à des maladies respiratoires9. En effet, près de la moitié des habitants du Nunavut de plus de 12 ans fument quotidiennement, alors que le taux national est de 14,2 %10. De plus, quand on tient compte du tabagisme passif, le risque est encore plus élevé pour les Nunavutois. Environ 28,5 % de la population du Nunavut est exposée au tabagisme passif, à la maison ou dans les lieux publics, et ce taux atteint les 34,1 % dans les Territoires du Nord-Ouest. Au niveau national, le taux est de 20,5 %11.

Quelles maladies respiratoires représentent le fardeau le plus lourd pour le système canadien des soins de santé?

Les deux principales maladies respiratoires qui représentent le fardeau le plus lourd au Canada sont l’asthme et la MPOC.

L’asthme est actuellement la maladie respiratoire la plus courante au Canada, avec environ 2,4 millions de cas, tandis que la MPOC toucherait plus de 830 000 Canadiens12. Ces deux maladies sont à l’origine de plus de 50 % des décès liés à l’appareil respiratoire au Canada13.

Comment se situent les provinces et les territoires les uns par rapport aux autres pour la prévalence de la MPOC?

Comme on pouvait s’y attendre, le classement pour la prévalence de la MPOC est similaire à celui pour la mortalité due à des maladies respiratoires. Il existe peu de différences dans le peloton de tête du classement. Ainsi, l’Ontario, la Colombie-Britannique et le Manitoba, qui affichent le taux le plus bas de mortalité due à des maladies respiratoires, enregistrent aussi la plus faible prévalence de MPOC, avec une moyenne de seulement 3,7 % de la population des 12 ans et plus atteints de cette maladie entre 2011 et 2013. Les cinq provinces suivantes au classement et le Yukon font presque aussi bien que l’Ontario, et l’Alberta occupe la sixième place, avec une moyenne de 3,9 %. Les provinces ayant le taux le plus élevé de prévalence de MPOC (la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard) affichent toutes des taux élevés de mortalité due à des maladies respiratoires. Hélas, les données pour les Territoires du Nord-Ouest sont sporadiques, mais le plus récent taux enregistré de prévalence de MPOC était de 3,6 % en 2012 (nous ne possédons pas suffisamment de données dans le temps pour comparer le taux moyen de prévalence sur trois ans dans les Territoires du Nord-Ouest avec celui du reste du pays). Aucune donnée n’est disponible pour le Nunavut.


Si plusieurs facteurs peuvent provoquer une MPOC, la principale cause est le tabagisme. Une diminution du taux de tabagisme devrait donc faire baisser la prévalence de la MPOC. Cependant, alors que le taux de tabagisme a diminué au Canada, la prévalence de la MPOC est essentiellement restée inchangée. En 2003, 4,3 % de la population était atteinte d’une MPOC. En 2013, ce taux avait chuté à 4 %. Il faudra encore attendre un moment pour que la diminution du taux de tabagisme se traduise par une baisse de la prévalence de la MPOC.

La MPOC est plus fréquente chez les personnes âgées. Le nombre de Canadiens de 65 ans et plus atteints de cette maladie a augmenté de 39 % entre 2003 et 2013. Cependant, même dans la cohorte des 45 à 64 ans, on a constaté une hausse de 15 % des cas. Fait intéressant, les femmes sont plus touchées que les hommes14. Cela s’explique en partie par le retard de la baisse du tabagisme chez les femmes par rapport aux hommes, qui a entraîné une hausse du nombre de MPOC chez les femmes à mesure qu’elles vieillissaient. La baisse du tabagisme chez les hommes s’est amorcée dans les années 1960, alors que chez les femmes, elle a seulement commencé dans les années 1980 au Canada15.

Notes de bas de page

1    Agence de la santé publique du Canada,La vie et le souffle : Les maladies respiratoires au Canada, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2007, p. 2 (consulté le 13 janvier 2012).

2    Parachute, Principales causes d’hospitalisations, Canada, 2009-2010.

3    Statistique Canada, Tableau 105-0503 – Profil d’indicateurs de la santé, taux normalisés selon l’âge, estimations annuelles, selon le sexe, Canada, provinces et territoires, CANSIM (base de données) (consulté le 3 octobre 2014).

4    Agence de la santé publique du Canada, La vie et le souffle : Les maladies respiratoires au Canada, Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2007, vii.

5    Statistique Canada, Tableau 105-0503 – Profil d’indicateurs de la santé, taux normalisés selon l’âge, estimations annuelles, selon le sexe, Canada, provinces et territoires, CANSIM (base de données) (consulté le 3 octobre 2014).

6    Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011, produit no 99-012-X2011046 au catalogue de Statistique Canada.

7    Thomas Kovesi, « Respiratory disease in Canadian First Nations and Inuit children » (résumé en français sous le titre Les maladies respiratoires chez les enfants inuits et des Premières nations du Canada), Paediatrics & Child Health, vol. 17, no 7 août-septembre 2012, p. 376-380.

8    Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011, produit no 99-012-X2011046 au catalogue de Statistique Canada.

9    Thomas Kovesi, « Respiratory disease in Canadian First Nations and Inuit children » (résumé en français sous le titre Les maladies respiratoires chez les enfants inuits et des Premières nations du Canada), Paediatrics & Child Health, vol. 17, no 7, août-septembre 2012, p. 376-380.

10    Statistique Canada, Tableau 105-0501 – Profil d’indicateurs de la santé, estimations annuelles, selon le groupe d’âge et le sexe, Canada, provinces, territoires, régions sociosanitaires (limites de 2013) et groupes de régions homologues, CANSIM (base de données) (consulté le 3 octobre 2014).

11    Ibid.

12    Ibid.

13    Statistique Canada, Tableau 102-0530 – Décès, selon la cause, Chapitre X : Maladies de l’appareil respiratoire (J00 à J99), le groupe d’âge et le sexe, Canada, annuel (nombre), CANSIM (base de données) (consulté le 3 octobre 2014).

14    Statistique Canada, Tableau 105-0501 – Profil d’indicateurs de la santé, estimations annuelles, selon le groupe d’âge et le sexe, Canada, provinces, territoires, régions sociosanitaires (limites de 2013) et groupes de régions homologues, CANSIM (base de données) (consulté le 3 octobre 2014).

15    Le Conference Board du Canada, Lifestyle and Health: Do Lifestyle Choices Affect Health Outcomes?

Image of an open book DéfinitioN

Nombre annuel de décès dus à des maladies respiratoires pour 100 000 habitants.

Note :
Les données affichées sur cette page datent de février 2015.