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Les articles scientifiques sont un indicateur utile de l’état de la communication et des connaissances scientifiques dans une collectivité. Celles-ci sont elles-mêmes des bases essentielles pour l’innovation. En effet, les articles donnent une indication des découvertes et des connaissances générées par les scientifiques et autres chercheurs à la pointe de leur domaine. Ils contiennent aussi une synthèse et une analyse des divers aspects de l’état des connaissances et de la compréhension dans une discipline. Comme l’indique le Comité d’experts sur l’état de la science et de la technologie au Canada :
Dans de nombreux domaines de la S-T, les articles publiés dans des revues à comité de lecture constituent le principal moyen de communication des progrès de la recherche à travers le monde. L’examen par des pairs est une forme de contrôle de la qualité, puisque d’autres experts du domaine croient que l’article proposé a du mérite. Par conséquent, le nombre d’articles publiés dans de telles revues permet de faire des comparaisons internationales de l’ampleur de la S-T1.
Bien que le parcours pour passer de l’idée à la publication puis à l’innovation puisse être long – et reste souvent inachevé –, une société et une économie innovantes doivent pouvoir compter sur de solides assises scientifiques. Le nombre d’articles scientifiques évalués par des pairs donne une idée – certes partiale et imparfaite – de l’état de ces assises scientifiques et de la capacité à générer des idées susceptibles de déboucher sur la création ou l’amélioration de produits, de services et de procédés. Il indique aussi l’ampleur de l’expertise scientifique qui existe dans une région – expertise à laquelle les entreprises innovantes et les autres chercheurs pourraient faire appel pour obtenir des conseils et de l’assistance.
L’indicateur relatif aux articles scientifiques se mesure selon le nombre d’articles scientifiques examinés par les pairs qui sont publiés en sciences naturelles et génie par tranche d’un million d’habitants. Le domaine « sciences naturelles et génie » compte huit disciplines : la biologie, la chimie, le génie, les mathématiques, la médecine clinique, la physique, la recherche biomédicale et les sciences de la terre et de l’espace2.
Les articles qui ont plusieurs auteurs canadiens résidant dans différentes provinces sont comptabilisés une seule fois pour le Canada, mais aussi une fois pour chaque province de résidence. Ainsi, un article publié par trois auteurs vivant respectivement en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et en Alberta sera repris une fois dans le total canadien et une fois pour chacune des trois provinces concernées.
Bien que cette méthode ne capture qu’une fraction des connaissances publiées par les chercheurs des institutions canadiennes, elle fournit une indication de l’état de l’activité scientifique dans certains domaines pertinents pour l’innovation. Bien sûr, les connaissances dans d’autres domaines sont elles aussi importantes pour la performance en matière d’innovation – y compris les autres sciences physiques et de la vie; les sciences sociales (comme la psychologie ou l’économie); les sciences humaines; et le commerce, la gestion et l’administration – mais on ne dispose pas de données pertinentes et comparables sur les articles scientifiques publiés dans ces autres domaines pour les diverses collectivités publiques.
La plupart des provinces s’en sortent raisonnablement bien par rapport aux pays de comparaison, bien que quelques-unes restent à la traîne. La Nouvelle-Écosse occupe la 2e place du classement général – uniquement devancée par le Danemark – et décroche un « A » avec 1 885 publications par tranche d’un million d’habitants. Six provinces obtiennent un « B » et se classent parmi les 11 administrations en tête (sur les 20 pour lesquelles des données sont disponibles). Avec un nombre presque égal de publications par tranche d’un million d’habitants, la Saskatchewan (1 659) et l’Alberta (1 657) se classent respectivement 4e et 5e, uniquement devancées par le Danemark, la Nouvelle-Écosse et la Suède. La Colombie-Britannique (1 611), l’Ontario (1 599), le Manitoba (1 415) et le Québec (1 342) obtiennent aussi un « B », et prennent respectivement les 7e, 9e, 10e et 11e places.
Terre-Neuve-et-Labrador (1 274) et l’Île-du-Prince-Édouard (1 095) reçoivent un « C », ce qui les place en 13e et 15e positions respectivement, ne devançant qu’une petite poignée de pays de comparaison. Avec seulement 873 publications, le Nouveau-Brunswick écope d’un « D » et de la 19e place sur 20. Seul le Japon, avec 533 publications, fait moins bien que cette province.
Au niveau international, les pays du nord de l’Europe décrochent un « A » (Danemark et Suède) et un « B » (Norvège et Finlande) et devancent de loin les autres pays du classement, qui écopent de « C » (Royaume-Uni et Allemagne) et de « D » (France, États-Unis et Japon). Avec un « B », le Canada se positionne en milieu de peloton parmi les dix pays, prenant la 5e place.
Avec 1 885 publications par tranche d’un million d’habitants, la Nouvelle-Écosse est la province la mieux classée et décroche le seul « A » du classement pour cet indicateur. Six provinces obtiennent un « B », avec des chiffres allant de 1 659 publications par tranche d’un million d’habitants pour la Saskatchewan à 1 342 pour le Québec. Les sept provinces affichant un « A » ou un « B » font mieux que le Canada qui, avec 1 312 publications, réussit toutefois à obtenir un « B ».
Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard reçoivent toutes deux un « C », se classant 8e et 9e parmi les provinces. Avec seulement 873 publications, le Nouveau-Brunswick écope d’un « D » qui le place en dernière position parmi les provinces.
Entre 1980 et 2012, chaque province et chaque pays ont connu une hausse significative du nombre d’articles scientifiques publiés par tranche d’un million d’habitants. Parmi les provinces, c’est la Nouvelle-Écosse qui a affiché la plus forte augmentation, passant de 685 articles à 1 885 entre 1980 et 2012. Seul le Danemark a connu une plus forte hausse, passant de 666 articles à 2 077 pour cette période. Ces deux administrations avaient un « A » en 1980 et affichaient toujours cette note en 2012.
Parmi les provinces, c’est le Nouveau-Brunswick qui a connu la plus faible hausse, passant de 340 articles à 873 entre 1980 et 2012, ce qui lui donne donc un « D », la même note qu’il avait déjà en 1980. Sur le plan international, les États-Unis sont le pays qui a connu la plus maigre augmentation, passant de 615 articles à seulement 884 et voyant sa note dégringoler du « B » au « D » entre 1980 et 2012.
En 1980, six provinces affichaient un nombre d’articles qui leur a valu un « A » (Nouvelle-Écosse, Saskatchewan et Colombie-Britannique) ou un « A+ » (Ontario, Manitoba et Alberta). Cependant, en raison de la très forte hausse enregistrée dans les pays d’Europe du Nord, toutes sauf la Nouvelle-Écosse étaient passées à un « B » en 2012. De même, alors que Terre-Neuve-et-Labrador avait commencé la période avec un « B », son nombre d’articles publiés a augmenté moins vite que dans les pays de comparaison, laissant à cette province un « C » en 2012.
Parmi les provinces, l’Île-du-Prince-Édouard et le Québec sont les seules à avoir réussi à améliorer leur note. En passant de 234 articles publiés en 1980 à 1 095 articles en 2012, l’Île-du-Prince-Édouard s’est hissée de la 19e à la 15e place au classement et a troqué son « D » contre un « C ». Le Québec s’en est lui aussi bien sorti, passant de 477 articles à 1 342. Il a pu ainsi grimper de la 15e à la 11e place et du « C » au « B ».
La réponse est « oui ». Les publications examinées par les pairs sont un élément essentiel de la recherche, qui est elle-même une composante clé de l’innovation. Cependant, le nombre de publications ne fournit essentiellement qu’une indication quantitative de la production de recherche, et une mesure seulement partielle de sa qualité, car ces publications ne sont évaluées que par une poignée de pairs. Il ne reflète pas bien l’utilité ou l’impact de la recherche3. L’un des moyens de remédier à cette lacune est d’examiner le nombre de citations, qui donne une indication de l’influence qu’a un article, et la recherche sur laquelle il repose, sur les travaux menés ultérieurement. L’hypothèse sous-jacente est que les articles les plus fréquemment cités ont généré de nouvelles idées que la communauté des chercheurs a trouvées intéressantes ou qui sont plus utiles pour les autres chercheurs ou innovateurs.
Hélas, les données qui permettraient de comparer le nombre de citations entre les provinces et les pays du classement ne sont pas facilement disponibles. Les précédents bilans sur l’innovation montrent que le Canada s’en sort relativement bien par rapport aux pays de comparaison en ce qui concerne l’indice des articles les plus cités, mais les données sur la performance de provinces sont toujours en cours de préparation.
1 Comité d’experts sur l’état de la science et de la technologie au Canada. L’état de la science et de la technologie au Canada, 2012, Ottawa, Conseil des académies canadiennes, 2012, p. 38.
2 Institut de la statistique du Québec. Définition(s).
3 Comité d’experts sur l’état de la science et de la technologie au Canada. L’état de la science et de la technologie au Canada, 2012, Ottawa, Conseil des académies canadiennes, 2012, p. 48.
Nombre de publications académiques en sciences naturelles et génie rédigées par un ou plusieurs auteurs et examinées par des pairs par tranche d’un million d’habitants.
Note : Les données affichées sur cette page datent de septembre 2015.