Santé

[ Mars 2012 ]
Détails et analyses
Vous voulez en savoir plus?
Lisez les détails et l’analyse! (En anglais seulement)
 

Le saviez-vous?

. . . D’ici 2036, la proportion de Canadiens âgés de plus de 65 ans sera presque deux fois plus élevée qu’en 2009. Le Canada est confronté au fardeau croissant des maladies chroniques, comme le diabète et le cancer. Ce fardeau ne peut que s’accroître avec le vieillissement de la population et la hausse des taux d’obésité.

Sur cette page

Santé : mise en contexte

Qu’est-ce qu’une bonne santé? Selon l’Organisation mondiale de la Santé, une bonne santé est « non seulement l’absence de maladies ou d’infirmités, mais un état complet de bien-être physique, mental et social1 ». Cette large définition s’harmonise bien avec l’objectif général du Conference Board dans son bilan comparatif des performances du Canada — mesurer la qualité de vie au Canada et dans les pays du groupe de comparaison. La plupart des Canadiens conviendraient que, sans une bonne santé, leur qualité de vie serait gravement compromise.

Quelle note le Canada obtient-il dans le domaine de la santé?

Une fois de plus, le Canada obtient la note « B » au chapitre de la santé, ce qui le porte au 10e rang parmi les 17 pays comparés. Cette note s’applique à l’état de santé général de la population canadienne. Les facteurs socio-économiques comme l’éducation, le revenu, le logement, les réseaux de soutien social, la culture et les pratiques de santé personnelles comptent, selon les estimations, pour 50 p. 100 de l’état de santé d’une personne, alors que les services de soins de santé comptent pour 25 p. 1002. Par conséquent, pour améliorer l’état de santé des Canadiens, il faut améliorer leurs conditions sociales et économiques, apprendre à la population à réduire les risques de maladies chroniques (p. ex. en limitant la consommation de tabac et d’alcool, et en étant actif physiquement) ainsi que renforcer la qualité et le caractère sécuritaire des soins de santé.

Comment le Canada soutient-il la comparaison avec les États-Unis?

Bilan — Santé Le débat sur la réforme des soins de santé est loin d’être clos aux États-Unis — surtout dans le contexte actuel, marqué par des difficultés économiques et la nécessité d’autant plus grande de trouver des solutions à la montée en flèche des coûts des soins de santé. Le Canada a vu son système de soins de santé être louangé par son voisin, mais comment soutient-il la comparaison avec celui-ci pour ce qui est des résultats en matière de santé? Assez bien...

Dans l’ensemble, le Canada décroche un « B », qui le place au 10rang, alors que les États-Unis arrivent derniers au classement avec une note globale de « D » et trois « D » dans les 11 bulletins qui évaluent les différents aspects de la catégorie de la santé. En fait, le Canada obtient des résultats supérieurs à ceux des États-Unis dans tous ces bulletins, sauf deux. Au chapitre de l’espérance de vie (life expectancy), largement reconnu comme un indicateur général de la santé dans un pays, le Canada se classe 6et obtient un « B », alors que les États-Unis sont à la queue. Les États-Unis arrivent aussi derniers pour la mortalité prématurée (premature mortality) et la mortalité infantile (infant mortality).

Ce n’est qu’au chapitre de l’état de santé auto-déclaré (self-reported health status) et de la mortalité associée au cancer (mortality rate due to cancer) que le bilan de santé des États-Unis dépasse celui du Canada. En ce qui concerne le premier indicateur, qui indique la proportion de la population déclarant un « bon » ou un « très bon » état de santé, les États-Unis et le Canada arrivent respectivement aux premier et second rangs. Cependant, la plupart des pays obtiennent de bons résultats pour cet indicateur : au total, 12 des 17 pays comparés ont mérité un « A ». Notons aussi que l’état de santé auto-déclaré n’est pas forcément un bon outil de prévision des taux de mortalité. Le Japon arrive dernier pour cet indicateur, ce qui ne l’empêche pas d’avoir le taux de mortalité prématurée le plus bas, le deuxième taux le plus bas de mortalité attribuable au cancer et les taux les plus bas de mortalité imputable aux maladies du système circulatoire, au diabète et aux troubles mentaux.

Par ailleurs, les États-Unis affichent un rendement remarquablement meilleur que le Canada en ce qui a trait à la mortalité associée au cancer. Ils dominent le classement des pays ayant obtenu « B » pour cet indicateur, et leur taux de mortalité de 148 décès pour 100 000 habitants leur vaut un 6rang dans l’ensemble. De son côté, avec un taux de mortalité de 161, le Canada reçoit la note de « C » et se situe au 13rang. Les taux de mortalité associés aux cancers du côlon, du sein et de la prostate sont plus élevés au Canada qu’aux États-Unis.

Malgré des dépenses dans les soins de santé plus importantes (16 p. 100 du PIB) que dans n’importe quel autre pays de l’OCDE, les États-Unis ne tirent pas de bons résultats de cet investissement. Manifestement, le fait de dépenser plus dans les soins de santé (health spending) ne se traduit pas nécessairement par de meilleurs résultats en matière de santé. Les dépenses supérieures aux États-Unis s’expliquent par de nombreux facteurs, y compris des taux de dépistage diagnostique élevés, un grand nombre d’interventions chirurgicales et des prix à la hausse dans le secteur de la santé. Les prix des produits pharmaceutiques aux États-Unis sont plus élevés dans une proportion de 30 à 50 p. 100 par rapport à la moyenne de l’OCDE. Les professionnels de la santé américains ont une rémunération beaucoup plus élevée que leurs homologues d’autres pays. Ils doivent aussi payer les primes d’assurance les plus chères — les États-Unis se distinguent par leur modèle d’assurance complexe, qui prévoit des frais de litige élevés pour faute professionnelle.

Près de 50 millions d’Américains n’ont pas d’assurance-maladie. Parmi ceux qui en ont une, 29 millions sont « sous-assurés » — autrement dit, leurs dépenses sont élevées par rapport à leur revenu3. Ces personnes ont un accès limité, voire inexistant, à des services de soins de santé primaires appropriés, pourtant essentiels à l’éducation, à la prévention, au dépistage et à la promotion de la santé. Les Américains non assurés ont davantage tendance à sauter ou à retarder leur traitement, à recevoir leur diagnostic tard, à aller à l’hôpital pour un problème de santé évitable et à souffrir d’un stress sensiblement plus élevé qui se répercute sur leur bien-être et celui de leur famille4. Bien que les États-Unis aient rapidement adopté les méthodes et les technologies à la fine pointe de la médecine, de graves inégalités sont constatées dans la population sur le plan de la santé.


Les Canadiens sont-ils en meilleure santé qu’avant?

Bilan — SantéLes notes « B » obtenues sur cinq décennies peuvent inciter les Canadiens à penser qu’aucun progrès réel n’a été accompli en matière de santé. Pourtant, de nombreux indicateurs montrent que le Canada s’est amélioré. Les taux de mortalité associés à de nombreuses maladies comparées dans le présent bilan ont diminué. Cependant, comme les pays auxquels il est comparé ont aussi fait des progrès, le Canada n’affiche pas un meilleur rendement qu’avant relativement aux autres.

Quels pays sont en tête du classement?

Le Japon domine encore une fois le classement. Il s’est hissé de la note « C », dans les années 1960, à un « A » qu’il a su maintenir depuis les années 1970. Il est accompagné de la Suisse et de l’Italie dans la catégorie « A » cette année.

La plupart des pays en tête du peloton ont atteint de meilleurs résultats sur le plan de la santé en agissant sur des déterminants plus généraux de la santé, comme des programmes de protection de l’environnement et de promotion de la santé centrés sur la modification des habitudes de vie, y compris l’abandon de la cigarette, une activité physique accrue, un régime alimentaire plus sain et un comportement plus prudent sur la route. Ces pays misent aussi sur d’autres déterminants de la santé — comme l’éducation, le développement de la petite enfance, le revenu et le statut social — pour améliorer leurs résultats en matière de santé.

Comment faire passer le Canada aux premiers rangs au chapitre de la santé?

D’ici 2036, la proportion de Canadiens âgés de plus de 65 ans sera presque deux fois plus élevée qu’en 2009. Le Canada est déjà confronté au fardeau croissant des maladies chroniques, comme le diabète et le cancer. Ce fardeau ne peut que s’accroître avec le vieillissement de la population et la hausse des taux d’obésité. Les coûts liés aux soins de santé augmentent d’ores et déjà, et les soins aux patients souffrant de maladies chroniques constituent une part toujours plus importante des dépenses totales en santé. Mais le vieillissement de la population ne se traduit pas nécessairement par de faibles résultats en matière de santé. L’Italie et le Japon ont tous deux des populations plus âgées que celle du Canada, et ils figurent pourtant au nombre des pays les plus performants.

Le Canada n’a pas d’autre choix que d’adopter un nouveau modèle de soins de santé, qui fait valoir l’importance de pratiques exemplaires dans la prestation de soins primaires et d’une approche axée sur la santé publique — surtout pour la prévention et la gestion des maladies chroniques —, en plus de reconnaître et de récompenser les progrès dans la qualité des soins. Les objectifs que se sont fixés les gouvernements dans la Stratégie pancanadienne intégrée en matière de modes de vie sains forment la pierre angulaire d’une approche centrée sur la prévention. Il est essentiel d’établir un mécanisme d’évaluation qui mesure les progrès du Canada par rapport à ces objectifs pour assurer la durabilité du système de soins de santé.

Le recours à des technologies de l’information novatrices dans le secteur de la santé peut accroître le sentiment de sécurité des patients et améliorer les soins de santé. Ces technologies facilitent non seulement la prévention et la gestion des maladies, mais elles peuvent aussi se traduire par une plus grande efficacité et des économies (environ 77 milliards de dollars aux États-Unis5). Les dossiers médicaux électroniques, les systèmes d’aide aux décisions et les instruments informatisés pour l’entrée des ordonnances médicales comptent parmi les outils électroniques qui permettront au Canada de moderniser son système de soins de santé et d’en faire un des meilleurs. Il faut cependant un meilleur accueil des technologies et des méthodes de prestation novatrices — outre des environnements et des politiques propices à leur intégration rapide — pour la conception et l’évaluation d’approches nouvelles à l’égard du bien-être ainsi que de la prévention et de la gestion des maladies, qui permettront d’exploiter au mieux les ressources en soins de santé du Canada et d’améliorer les résultats en ce qui a trait à la santé de la population.

Notes

1 Organisation mondiale de la Santé, Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé (consultée le 18 août 2008).

2 Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, Un Canada en santé et productif : une approche axée sur les déterminants de la santé (rapport final du Sous-comité sur la santé des populations), juin 2009.

3 Le Fonds du Commonwealth, International Profiles of Health Care Systems, 2011, novembre 2011, p. 113 (consulté le 14 février 2012).

4 Jonathon Oberlander, « The US Health Care System: On a Road to Nowhere? », Canadian Medical Association Journal/Journal de l’Association médicale canadienne, 23 juillet 2002 (consulté le 22 septembre 2009).

5 RAND Corporation, Health Information Technology: Can HIT Lower Costs and Improve Quality? (consulté le 12 septembre 2009).