Économie
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[ Juillet 2009 ]
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Le Canada s’est accroché à son 11e rang et à son « B » dans la catégorie « Économie » en 2008, malgré la baisse du revenu par habitant, le recul de la croissance du PIB, la diminution de la productivité de la main-d’œuvre et la hausse du chômage.
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Quelle a été l’incidence de la récession sur le classement des pays au chapitre de l’économie?
Tout peut basculer en une seule année! Depuis que le Conference Board a lancé son classement international en 1996, jamais on avait vu autant de changements dans le classement des pays. - L’Irlande fait une chute vertigineuse par rapport au bilan publié l’année dernière, passant du premier au dernier rang.
L’Irlande est durement touchée par la crise économique mondiale, à laquelle s’ajoute l’effondrement de son marché immobilier et de son secteur de la construction. Son économie s’est contractée de 2,7 p. 100 en 2008, l’emploi et la productivité de la main-d’œuvre ont reculé, et l’investissement étranger direct — principal facteur expliquant le miracle économique irlandais des dix dernières années — s’est littéralement volatilisé. L’Irlande a été le premier pays de l’Union européenne à sombrer dans une récession en 2008. Son déclin, cependant, ne devrait pas porter atteinte à ses gains réels par rapport au niveau de vie. L’Irlande reste le troisième pays le plus riche — d’après le revenu par habitant — parmi ceux que nous avons comparés. - La Finlande dégringole du sixième au quinzième rang.
Le recul qu’a connu la Finlande à la fin de 2008 a été plus abrupt et plus prononcé que lors de sa récession du début des années 1990. Comme la vigueur économique de ce pays dépend fortement des exportations, l’effritement des marchés d’exportation à la fin de 2008 — plus particulièrement du côté de la Russie, à cause d’une diminution des recettes russes tirées du pétrole et du gaz — explique la baisse de la production industrielle de la Finlande de 16 p. 100 entre décembre 2007 et décembre 2008. - La Norvège se hisse au premier rang.
La Norvège reste chef de file en ce qui a trait au revenu par habitant — supérieur de près de 9 200 $ à celui du Canada. De plus, elle a mieux surmonté la récession économique que la plupart des pays comparables en 2008. Seul pays à avoir décroché un « A » pour la croissance de l’emploi en 2008, la Finlande arrive ex-æquo, au deuxième rang, pour la croissance du PIB.
Comment la crise financière et la récession ont-elles influé sur le bilan du Canada?
À l’instar de tous les autres pays, le Canada n’est pas sorti indemne du ralentissement mondial. En plus d’un revenu par habitant moindre, la croissance du PIB a baissé en 2008, ainsi que celle de l’emploi, tandis que la croissance de la productivité a été négative. Il peut être déroutant, dans ce contexte, de constater que le Canada a conservé son 11e rang et son « B » en 2008. La raison de cet apparent paradoxe tient au fait que les répercussions de la crise économique mondiale sont pires dans les autres pays avec lesquels est comparé le Canada, d’où la position inchangée de celui-ci.
Le Canada compte-t-il toujours parmi les pays les plus privilégiés?
Bien sûr, le Canada reste parmi les pays les plus privilégiés. La crise financière et la récession ont eu un effet négatif sur le Canada comme sur d’autres pays comparables, au nombre de 16 dans notre classement, mais tous demeurent parmi les plus riches au monde.
Toutefois, par rapport aux pays que nous avons comparés, le Canada est presqu’en queue de peloton avec son 11e rang. Sa note globale de « B » dans la catégorie « Économie » dissimule les « C » obtenus par rapport à six indicateurs — revenu par habitant, croissance de la productivité de la main-d’œuvre, chômage, croissance de l’emploi et investissement étranger direct (IED) entrant et sortant. Si le Canada s’en tire avec une note globale de « B », c’est parce que ses « C » étaient généralement élevés et qu’il a mérité un « A » au chapitre de l’inflation et un « B » à celui de la croissance du PIB, des notes qui ont fait monter sa moyenne en comparaison de celle d’autres pays aux notes plus disparates.
Le rendement du Canada se détériore-t-il?
À l’aube des années 1970, le Canada jouissait d’une position relative remarquable. Les Canadiens profitaient d’un niveau de vie élevé, et l’accélération prononcée de sa croissance économique et de sa productivité pendant les années 1950 et 1960 avait accordé aux gouvernements la marge de manœuvre financière nécessaire pour investir dans le renforcement du filet de sécurité sociale du Canada. À l’Exposition internationale de Montréal, en 1967, c’était comme si les propos de Sir Wilfrid Laurier qui, en 1904, prédisait que « le XXe siècle serait celui du Canada » se réalisaient.
Malheureusement, cette prédiction ne s’est pas concrétisée. La performance économique du Canada dans son ensemble ne cesse depuis de se détériorer par rapport à celle de pays comparables. S’il est vrai que le Canada a fait des progrès dans plusieurs domaines qui ont par le passé entravé l’économie (déficits et dettes des gouvernements, inflation supérieure à 10 p. 100 et taux de chômage élevé chronique), sa performance économique globale a chuté de la note « B » dans les années 1970 et 1980 à « C » dans les années 1990 et la majeure partie des années 2000.
Que devrait faire le Canada pour améliorer son rendement économique?
La récession économique mondiale actuelle ne durera pas, mais nous ne pouvons tenir pour acquis que le Canada s’en sortira mieux que les autres. Dans l’ensemble, son rendement économique n’était pas particulièrement brillant à l’heure où la récession est apparue, et son plafonnement au 11e rang n’incite pas à conclure qu’il bondira soudainement au sommet du classement. Ainsi, bien que la plupart des pays qui lui sont comparables aient connu une baisse de leur productivité de la main-d’œuvre en 2008, le Canada a vu la sienne plus faible que les pays les plus performants pendant de nombreuses décennies, ce qui a nui à sa compétitivité à l’échelle internationale. Il y a longtemps que le Conference Board rappelle que le renforcement des bases de l’économie — comme la productivité —, est le seul moyen durable de réduire l’écart de rendement entre le Canada et les autres pays. C’est encore plus vrai aujourd’hui.
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