Classement provincial et territorial 

Émissions de composés organiques volatils

Messages clés

  • L’Ontario, la province la plus performante, reçoit un « B » et arrive en 13e position parmi les 26 provinces et pays du classement.
  • Le Canada reçoit un « D ». C’est le pays du classement qui enregistre le plus haut taux d’émission de composés organiques volatils par habitant.
  • La Saskatchewan, l’Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador se situent au bas du classement avec un « D– ».

Les émissions de composés organiques volatils mises en contexte

Les émissions de composés organiques volatils (COV) proviennent des véhicules, de la fabrication de produits chimiques, de l’évaporation de carburants automobiles et d’autres produits pétroliers, ainsi que de solvants chimiques. Parmi les produits de consommation et les produits commerciaux qui contiennent souvent des composés organiques volatils figurent les produits d’entretien ménagers, les produits de soins personnels, les peintures et les encres d’imprimerie.

À forte concentration, les composés organiques volatils réagissent avec les oxydes d'azote (NOx) pour former de l’ozone troposphérique, et avec d’autres particules aériennes pour former les matières particulaires. Il s’agit de deux composants du smog, lequel nuit à la santé humaine et à l’environnement. L’exposition au smog peut endommager les tissus pulmonaires et diminuer la fonction pulmonaire des enfants, des personnes souffrant de troubles respiratoires (comme l’asthme) et de celles qui travaillent ou font de l’exercice physique à l’extérieur. L’ozone, habituellement généré dans les centres urbains, peut être transporté par les courants venteux et toucher des régions situées très loin de la source initiale, endommageant la végétation et amoindrissant le rendement des cultures dans les régions rurales. Les cultures comme le blé, le maïs, le soja et les tomates sont particulièrement vulnérables à l’ozone troposphérique.

Comment les provinces s’en sortent-elles par rapport aux pays de comparaison?

La plupart des provinces s’en sortent mal par rapport aux pays de comparaison pour cet indicateur. L’Ontario est la province la plus performante, décrochant un « B » ainsi que la 13e place au classement général, avec un taux d’émission de 25,6 kg par habitant. Le Québec (33,7 kg) et la Colombie-Britannique (34,2 kg) sont les deux meilleures provinces suivantes, obtenant un « C » et se classant juste derrière la Norvège (27,4 kg) et devant les États-Unis (42,3 kg), qui écope d’un « D ».

Le Nouveau-Brunswick (41,6 kg), la Nouvelle-Écosse (42,7 kg), l’Île-du-Prince-Édouard (50,5 kg) et le Manitoba (51,3 kg) reçoivent un « D », mais font mieux que la moyenne nationale. Le Canada est le pays qui enregistre le plus fort taux d’émission, avec 52,5 kg par habitant, ce qui est plus de six fois supérieur au taux des Pays-Bas (8,6 kg), qui arrive bon premier au classement.

La Saskatchewan (197,6 kg), l’Alberta (153 kg) et Terre-Neuve-et-Labrador (125,9 kg) enregistrent les taux d’émission les plus élevés des 26 régions analysées, écopant d’un « D– ». Le taux d’émission de composés organiques volatils de la Saskatchewan est près de 4 fois supérieur à la moyenne nationale et plus de 20 fois supérieur au taux des Pays-Bas.

Comment les provinces s’en sortent-elles les unes par rapport aux autres?

Avec un taux d’émission compris entre 25 et 35 kg par habitant, l’Ontario (25,6 kg), le Québec (33,7 kg) et la Colombie-Britannique (34,2 kg) et  sont les provinces les mieux classées. Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Manitoba écopent tous d’un « D », mais se situent au milieu du peloton des provinces. L’Île-du-Prince-Édouard et le Manitoba enregistrent des taux d’émission proches de la moyenne nationale.

La Saskatchewan, l’Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador arrivent largement derrière au classement, avec un taux d’émission allant de 126 kg par habitant pour Terre-Neuve-et-Labrador à 198 kg pour la Saskatchewan. Le taux de ces trois provinces est deux à quatre fois plus élevé que la moyenne nationale, et quatre à huit fois supérieur au taux de l’Ontario, province la plus performante pour cet indicateur.

Comment les territoires s’en sortent-ils pour cet indicateur?

Les trois territoires affichent un taux élevé d’émission de composés organiques volatils et écopent d’un « D– ». Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest enregistrent respectivement un taux de 75 kg et 78 kg par habitant, ce qui les classe largement devant Terre-Neuve-et-Labrador, mais loin derrière la moyenne nationale. Le Nunavut produit 201 kg de composés organiques volatils par habitant, soit un taux d’émission comparable à celui de la Saskatchewan, province la moins bien classée.

Le Nunavut enregistre aussi de mauvais résultats pour les émissions d’oxydes d’azote; quant aux émissions d’oxydes de soufre, une grande quantité de ces émissions est attribuable à l’usage de véhicules hors route. Dans le cas des composés organiques volatils, cette proportion attribuable est cependant beaucoup plus grande : quelque 94 % de ces émissions sont dues à l’usage de véhicules hors route, qui comprennent les véhicules récréatifs et commerciaux ou industriels1.

Nous n’incluons pas les territoires dans nos calculs aux fins des comparaisons provinciales et internationales, car les données pour chacun des territoires ne sont pas disponibles pour plusieurs indicateurs du bilan comparatif de l’environnement. Cependant, le Conference Board entend inclure les territoires dans son analyse et fournit donc des renseignements sur leur performance quand des données sont disponibles.

Comment la performance du Canada et des provinces a-t-elle évolué au fil du temps?

Depuis 1990, le Canada a réalisé d’immenses progrès en ce qui concerne son taux d’émission de composés organiques volatils. De 1990 à 2014, ce taux a considérablement chuté, passant de 144 kg à 53 kg, soit une réduction de 63 %. Chaque province et territoire a fortement diminué son taux d’émission, dans une fourchette comprise entre 36 % pour la Saskatchewan et 86 % pour l’Île-du-Prince-Édouard. En termes absolus, c’est à Terre-Neuve-et-Labrador que la plus forte réduction des émissions de composés organiques volatils a été enregistrée au cours de cette période : les émissions par habitant de cette province sont passées de près de 800 kg en 1990 à 126 kg en 2014, soit une diminution de 84 %. Ces progrès sont en grande partie attribuables à la réduction des émissions des véhicules hors route.

Qu’est-ce qui génère les émissions de composés organiques volatils au Canada?

Les émissions de composés organiques volatils proviennent tant de sources naturelles que des activités humaines. Parmi les sources naturelles d’émission figurent la végétation et les feux de forêt. Bien que les sources naturelles d’émission soient globalement plus importantes, ce sont les activités humaines dans les zones peuplées et industrialisées qui contribuent le plus aux problèmes de qualité de l’air.

L’industrie du pétrole et du gaz est la principale émettrice de composés organiques volatils au Canada (39 % des émissions), suivie par le transport (22 %) et l’utilisation de peintures et de solvants (14 %). Les autres émissions proviennent à peu près à parts égales de l’agriculture, de la combustion de bois de chauffage, des transports, des véhicules hors route, et d’autres sources2. Comme l’industrie du pétrole et du gaz est concentrée en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador, il n’est guère surprenant que ces provinces enregistrent les taux les plus élevés du pays en ce qui concerne l’émission de composés organiques volatils.

Que fait le Canada pour réduire les émissions de composés organiques volatils?

Le Canada a considérablement réduit son taux d’émission de composés organiques volatils ces 20 dernières années, essentiellement grâce à des technologies et des carburants pour les véhicules plus propres, à une diminution des émissions industrielles de composés organiques volatils, et à une réduction des niveaux de composés organiques volatils dans les peintures, les solvants et les produits de nettoyage. Cependant, comme il a encore un taux d’émission supérieur à celui de tous les pays de comparaison, il peut faire encore beaucoup mieux.

En 2012, le Conseil canadien des ministres de l’Environnement (un conseil intergouvernemental qui facilite la prise de mesures environnementales concertées entre les ordres de gouvernement fédéral, provincial et territorial), à l’exception du ministre de l’Environnement du Québec, a décidé de mettre en œuvre un système pancanadien de gestion de la qualité de l’air – un ensemble de lignes directrices pour surveiller les émissions et fixer des normes à cet égard. Ce système comprend des normes sur la qualité de l’air – définies dans les normes canadiennes de qualité de l’air ambiant – pour les particules fines (PM2,5) et l’ozone. Des normes sont en cours d’élaboration pour le dioxyde d’azote (NO2) et le dioxyde de soufre (SO2). Le système de gestion de la qualité de l’air délimite aussi des zones atmosphériques (à l’intérieur des provinces et des territoires) et des bassins atmosphériques régionaux (qui transcendent les frontières provinciales et territoriales) afin de guider la coopération entre les différentes administrations pour se conformer aux normes canadiennes de qualité de l’air ambiant. De plus, il fixe des exigences de base relatives aux émissions industrielles afin d’uniformiser les normes sur les émissions à l’intention des industries du Canada et exige que des données sur les émissions et la qualité de l’air ambiant soient rendues publiques.

Notes de bas de page

1    Canada, ministère de l’Environnement, Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (consulté le 22 mars 2016).

2    Canada, ministère de l’Environnement, Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (consulté le 22 mars 2016).