Classement provincial et territorial 

Soutien d’un réseau social

Messages clés

  • La Colombie-Britannique et le Manitoba décrochent un « A » à l’indicateur du soutien perçu d’un réseau social.
  • Globalement, le Canada obtient un « B » et occupe le 8e rang au classement des 16 pays de comparaison.
  • La Saskatchewan et l’Île-du-Prince Édouard se voient attribuer un « D– » à cet indicateur et sont reléguées à la fin du classement.

Le soutien d’un réseau social mis en contexte

Le soutien perçu d’un réseau social est le sentiment qu’une personne a de pouvoir compter sur quelqu’un d’autre en cas de besoin. Il est de trois types :

  • Instrumental : donner et recevoir une aide matérielle, p. ex. une aide dans les tâches quotidiennes;
  • Informatif : donner et recevoir des avis et des conseils;
  • Affectif : « empathie, compassion, réconfort, confiance et possibilité d’exprimer des émotions ou d’évacuer sa frustration1 » [traduction].

Le soutien perçu d’un réseau social est un indicateur utile de la performance de la société parce que les personnes qui entretiennent des relations sociales positives et qui bénéficient de l’appui de réseaux sociaux solides sont plus susceptibles d’être en meilleure santé physique et mentale, d’avoir un emploi et de se déclarer plus satisfaites de leur vie2.

Par exemple, le soutien social favoriserait une meilleure santé générale en permettant d’amortir les effets du stress3. Plus précisément, le fait de croire que d’autres fourniront les ressources nécessaires et appropriées à la situation peut renforcer le sentiment que les gens ont de pouvoir composer avec des exigences, ce qui a pour effet de réduire leur niveau de stress. Étant donné le lien entre le stress, les mécanismes d’adaptation nocifs – p. ex. le tabagisme, la consommation d’alcool ou de drogues illicites, la perte de sommeil – et les problèmes de santé4, le soutien social joue un rôle important et bénéfique dans l’état de santé général.

Les liens sociaux positifs peuvent également produire des valeurs communes qui peuvent influer sur d’autres facteurs sociétaux, comme la croissance économique, les taux de criminalité et la participation démocratique.

Comment mesure-t-on le soutien perçu d’un réseau social?

L’indicateur du bilan comparatif du soutien perçu d’un réseau social se mesure à la proportion de personnes qui, dans chaque pays ou province, ont répondu « oui » à la question suivante : « Si vous avez des ennuis, pouvez-vous compter sur l’aide de parents ou d’amis en cas de besoin? » Cette question ne porte pas sur l’aspect qualitatif ou quantitatif des réseaux sociaux, mais elle donne une idée générale du soutien social.

Les données de l’indicateur de soutien d’un réseau social proviennent de données de l’OCDE reposant sur le sondage mondial de l’Institut Gallup, qui interroge un millier de personnes (âgées de 15 ans et plus) par pays par an en utilisant le même questionnaire. Cette taille d’échantillon signifie qu’il est possible qu’il y ait moins de 100 répondants par province canadienne. Cependant, l’Institut Gallup pondère les « échantillons en fonction de la composition démographique de chaque pays sélectionné5 » [traduction]. Par conséquent, les réponses canadiennes devraient être considérées comme étant globalement représentatives.

Les données provinciales sont tirées d’un regroupement de microdonnées provenant des réponses à des enquêtes annuelles menées de 2006 à 2014, avec une repondération de ces estimations et un calcul du pourcentage de l’échantillon régional qui a répondu « oui » à la question du sondage sur le soutien d’un réseau social6.

Comment les provinces s’en sortent-elles par rapport aux pays de comparaison?

La Colombie-Britannique, qui décroche un « A »,  est la province la mieux classée et elle dépasse tous les pays de comparaison, sauf l’Irlande (96,8 %). Un peu plus de 96 % des répondants (96,3 %) de la province pensent pouvoir compter sur un réseau social en cas de besoin. Le Manitoba (95,7 %) obtient également un « A » et fait mieux que tous les pays de comparaison, sauf le Danemark (95,9 %) et l’Irlande.

Avec 93,9 % de la population qui déclare bénéficier de l’appui d’un réseau social, le Canada obtient globalement un « B » et occupe le 8e rang du classement des 16 pays de comparaison, à égalité avec les Pays-Bas. Le Québec est la seule province à obtenir un « B », ce qui correspond à la moyenne nationale à cet indicateur.

Le Nouveau-Brunswick (93,4 %) se place juste derrière le Québec et la Norvège (93,8 %) et décroche un « C », ce qui le classe au 14e rang des 26 régions de comparaison.

La plupart des provinces se situent en queue de peloton. La Nouvelle-Écosse (92 %) et l’Ontario obtiennent un « C » et occupent ex aequo la 20e place, juste derrière les États-Unis (92,1 %). Terre-Neuve-et-Labrador (91,7 %) et l’Alberta (91,6 %) se voient attribuer un « D » et occupent respectivement les 22e et 23e rangs. La Saskatchewan (89,5 %) et l’Île-du-Prince-Édouard (82,5 %), qui obtiennent un « D– », se situent après le pays le plus mal classé, le Japon (90,2 %).

Comment les provinces s’en sortent-elles les unes par rapport aux autres?

Seuls quelques points de pourcentage séparent la plupart des provinces à l’indicateur du soutien perçu d’un réseau social. La Colombie-Britannique (96,3 %) et le Manitoba (95,7 %) sont les provinces les mieux classées, environ 96 % des répondants déclarant pouvoir compter sur quelqu’un en cas de besoin. Ces deux provinces font mieux que la moyenne nationale (93,9 %). Le Québec est dans la moyenne nationale, tandis que le Nouveau-Brunswick (93,4 %) est légèrement à la traîne.

Six autres provinces se situent en-dessous de la moyenne nationale. En tout, 92 % des répondants de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario déclarent disposer du soutien d’un réseau social, et les proportions sont à peu près les mêmes à Terre-Neuve-et-Labrador (91,7 %) et en Alberta (91,6 %). Les deux provinces les plus mal classées à cet indicateur sont la Saskatchewan (89,5 %) et l’Île-du-Prince-Édouard (82,5 %).

Le pourcentage de personnes qui déclarent bénéficier du soutien d’un réseau social varie légèrement d’une province à l’autre, mais il faut se rappeler que de petites différences dans les taux de soutien social se traduisent par un grand nombre de personnes qui ne reçoivent peut‑être pas le soutien dont elles ont besoin. Si on part du principe que les résultats du sondage mondial de l’Institut Gallup sont représentatifs de l’ensemble de la population, chaque point de pourcentage de différence dans le taux de soutien d’un réseau social de l’Alberta, par exemple, équivaut à plus de 41 000 personnes qui n’ont peut-être pas de soutien social7. Même à 96,3 %, la Colombie-Britannique compte encore plus de 173 000 personnes sans soutien social – soit un très grand nombre de personnes qui se sentent socialement isolées8.

Fait intéressant, près de 14 points de pourcentage séparent la province la mieux classée, la Colombie-Britannique, de la plus mal classée, l’Île-du-Prince-Édouard. Il est possible que ces résultats soient faussés à cause du déséquilibre numérique entre les échantillons, mais cet écart n’en est pas moins frappant. Comme la Colombie-Britannique est plus urbaine et plus vaste géographiquement que l’Île-du-Prince-Édouard, avec sa société plus petite et plus soudée, on pourrait penser que les habitants de cette dernière ferait état d’un plus grand soutien social que les personnes qui vivent en Colombie-Britannique, mais ce n’est pas le cas.

Malheureusement, l’analyse des données ne permet pas de savoir pourquoi les répondants de certaines provinces font état d’un plus grand soutien de la part de réseaux sociaux que d’autres. Aucune tendance ne semble se dessiner que ce soit sur le plan régional, en fonction de la démographie ou en fonction de la situation économique. De plus, on ne dispose pas d’autres données sur la qualité, la quantité ou la nature du soutien social existant. Il sera important à l’avenir d’examiner des indicateurs de liens sociaux qui décrivent différents types de relations afin de définir la variété des sources (p. ex. réseaux sociaux, relations personnelles) qui apportent un soutien personnel9.

Y a-t-il des différences entre les groupes d’âge dans le soutien perçu d’un réseau social?

Les jeunes (de 15 à 29 ans) sont plus susceptibles que les personnes plus âgées (50 ans et plus) de déclarer pouvoir compter sur quelqu’un en cas de besoin10. Ce n’est pas sans conséquences dans un pays comme le Canada dont la population vieillit – à l’heure actuelle, il compte plus de 13 millions de personnes âgées de 50 ans au moins11. Surtout, ce groupe d’âge représente au moins un tiers de la population dans toutes les provinces. Sans le soutien d’un groupe social solide, les Canadiens âgés sont moins susceptibles de profiter des avantages sur le plan social, économique et de la santé de liens sociaux solides lorsqu’ils sont confrontés aux facteurs de stress de la vie, dont certains deviennent plus problématiques avec l’âge.

Quelle est la relation entre le soutien perçu d’un réseau social et la satisfaction de vivre?

Les conclusions du World Happiness Report 2016 montrent que le soutien perçu d’un réseau social représente 26 % de la différence entre les résultats à l’indicateur de la satisfaction de vivre des différents pays12. Cette constatation doit être interprétée avec prudence en raison des contraintes méthodologiques de la série de rapports sur le bonheur mondial qui utilise une sélection limitée de données internationales comparables. Il se peut que certaines variables exclues ou non quantifiables expliquent les différences de score entre les pays en ce qui concerne cet indicateur. Toutefois, le lien entre le soutien d’un réseau social et la satisfaction de vivre corrobore l’idée que le fait de pouvoir compter sur quelqu’un en cas de besoin influe beaucoup sur le sentiment de bien-être général d’une personne.

Il est donc intéressant que certaines provinces canadiennes démontrent une relation inverse entre les niveaux de soutien perçu d’un réseau social et la satisfaction de vivre. Ainsi, la province la mieux classée à l’indicateur du soutien d’un réseau social, la Colombie-Britannique, se classe moins bien pour ce qui est de la satisfaction de vivre. De même, la Saskatchewan et l’Île-du-Prince-Édouard figurent parmi les provinces les mieux classées à l’indicateur de la satisfaction de vivre, mais se situent à la fin du classement provincial pour ce qui est du soutien perçu d’un réseau social.

Même s’il est important de ne pas surinterpréter cette relation – parce que le regroupement d’échantillons et les échantillons plus grands dans les provinces plus peuplées peuvent causer des distorsions –, elle laisse supposer qu’il existe, outre le soutien d’un réseau social, de nombreux autres facteurs qui contribuent à une plus grande satisfaction de vivre, comme l’éducation, la santé et le revenu.

Le soutien insuffisant de réseaux sociaux est-il vraiment un problème au Canada?

Seule une petite minorité de répondants canadiens déclarent ne pas bénéficier d’un soutien suffisant de la part d’un réseau social. Autrement dit, 9 personnes sur 10 ne considèrent pas l’isolement social comme un problème au Canada. Cependant, l’absence d’un réseau de soutien pour 1 Canadien sur 10 (environ 3,5 millions de personnes) peut avoir une incidence considérable sur la santé physique et mentale, les taux d’emploi, la croissance économique, la participation démocratique, les taux de criminalité et les niveaux de satisfaction de vivre dans le pays.

La performance à cet indicateur présente un intérêt et est révélatrice de lacunes potentielles dans le soutien social, mais il est difficile, en raison des contraintes méthodologiques, d’en tirer des conclusions fiables. D’autres enquêtes s’imposent donc pour aider les provinces à comprendre où sont les lacunes, puis à trouver des moyens de renforcer le soutien des réseaux sociaux pour le plus grand nombre de personnes possibles.

Notes de bas de page

1    Sheldon Cohen, « Social Relationships and Health », American Psychologist, novembre 2004, p. 677.

2    OCDE, Comment va la vie? 2015 – Mesurer le bien-être.

3    Sheldon Cohen, « Social Relationships and Health », American Psychologist, novembre 2004.

4    OCDE, Comment va la vie? 2011 – Mesurer le bien-être.

5    Gallup, How Does the Gallup World Poll Work?

6    OCDE, Panorama des régions de l’OCDE 2016.

7    Calculs reposant sur les données de Statistique Canada, tableau CANSIM 051-0001, Estimations de la population, selon le groupe d’âge et le sexe au 1er juillet, Canada, provinces et territoires (consulté le 23 septembre 2016).

8    Ibid.

9    OCDE, Comment va la vie? 2015 – Mesurer le bien-être.

10    OCDE, Comment va la vie? 2015 – Mesurer le bien-être.

11    Statistique Canada, tableau CANSIM 051-0001, Estimations de la population, selon le groupe d’âge et le sexe au 1er juillet, Canada, provinces et territoires (consulté le 23 septembre 2016).

12    John Helliwell, Richard Layard et Jeffrey Sachs, World Happiness Report 2016.

Image of an open book DéfinitioN

Pourcentage de personnes qui déclarent pouvoir compter sur l’aide de parents ou d’amis en cas de besoin.

Note :
Les données affichées sur cette page datent d’avril 2017.