Classement provincial et territorial 

Innovation

Messages clés

  • L’Ontario arrive en tête des provinces au bilan comparatif global de l’innovation, avec un « B » et une 5e place au classement général, derrière la Suède, le Danemark, la Finlande et les États-Unis.
  • Le Québec et la Colombie-Britannique s’en sortent également assez bien, avec un « B » et, respectivement, une 8e et une 10e place au classement général.
  • L’Î.-P.-É. et le Nouveau-Brunswick, provinces les plus mal classées, obtiennent un « D– » et se retrouvent derrière le dernier classé des pays de comparaison, l’Irlande.
  • Le Canada occupe le 9e rang des 16 pays de comparaison et décroche un « C » en matière d’innovation. Sa performance s’est améliorée à quelques indicateurs, mais on note des signes de faiblesse nouvelle et persistante dans un certain nombre d’autres.

Innovation : mise en contexte

Qu’entend-on par innovation? Le Conference Board définit l’innovation comme un processus par lequel on extrait des connaissances une valeur économique ou sociale, par la formulation, la diffusion et la transformation d’idées, afin de produire des produits, des services, des stratégies, des capacités ou des procédés nouveaux ou améliorés.

Bien que l’attention soit souvent centrée sur des innovations radicales, comme des technologies révolutionnaires (p. ex. impression 3D, informatique quantique), de nouveaux produits (p. ex. téléphones intelligents) ou des services (p. ex. Uber), les innovations de continuité sont tout aussi importantes. Par exemple, on peut arriver à des gains de productivité substantiels en adoptant et en utilisant (par opposition à créer) de nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC) ou en mettant en application une méthode de gestion des connaissances plus efficace. Ces types d’innovation progressive de procédés profitent aux entreprises et aux économies sans être nécessairement à la pointe d’innovations radicales.

L’innovation est importante non seulement pour le succès des entreprises et d’autres organisations, mais aussi pour le bien-être économique et social des collectivités, des régions et des pays. Les entreprises qui innovent avec succès améliorent leur compétitivité et se positionnent de façon à assurer leur prospérité. Les pays et provinces où l’activité d’innovation est dynamique et fructueuse voient s’améliorer leur productivité, leur croissance économique et leur création d’emplois, et ils disposent de plus de ressources pour financer les dépenses d’éducation, de santé et d’infrastructure, entre autres. Comme l’écrit le Comité d’experts sur l’innovation dans les entreprises du Conseil des académies canadiennes, « l’innovation alimente la capacité qu’a l’économie de renforcer la valeur économique d’une heure de travail et fait ainsi augmenter la production économique par habitant. La croissance de la productivité qui en résulte offre un potentiel d’augmentation des salaires et des revenus, donc également du niveau de vie1 ».

Comment mesure-t-on la performance en matière d’innovation?

Pour mesurer la performance en matière d’innovation, nous évaluons le Canada, ses provinces et 15 pays de comparaison2 par rapport aux 10 indicateurs de bilan comparatif suivants : la R-D publique, les chercheurs, la connectivité, les articles scientifiques, l’ambition entrepreneuriale, les investissements de capital-risque, la R-D des entreprises (RDE), l’investissement dans les TIC, les brevets et la productivité du travail. Nous évaluons également la performance des provinces en ce qui a trait aux taux d’entrée d’entreprises. Malheureusement, il n’existe pas de données internationales comparables pour cet indicateur.

Nous calculons aussi une note générale sur le plan de l’innovation pour chacune des régions de comparaison en nous fondant sur la performance globale aux 10 indicateurs pour lesquels il existe des données internationales (le taux d’entrée d’entreprises n’est pas inclus dans le calcul). Pour plus de détails sur le calcul des notes, veuillez consulter la page sur la Méthodologie.

On ne dispose pas, pour la plupart des indicateurs, de données sur les territoires. Dans certains cas, il en existe, mais de façon regroupée, ce qui ne permet pas de faire la distinction entre le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. Dans d’autres cas, on dispose de données sur les territoires, mais pour trop peu d’indicateurs pour dresser véritablement un tableau de leur performance globale en matière d’innovation.

Cadre

Le choix des indicateurs a été guidé par la définition de l’innovation du Conference Board, la nécessité de traiter chacune des trois dimensions de l’innovation (capacité, activité et résultats), la volonté d’être aussi cohérents que possible par rapport à nos précédents bilans comparatifs internationaux de l’innovation et le besoin d’indicateurs qui soient logiques au niveau provincial. Par exemple, les rapports précédents sur l’innovation internationale de la série Les performances du Canada comprenaient un ensemble d’indicateurs qui comparaient les parts de marché à l’exportation des pays de comparaison dans l’aéronautique, l’électronique, les machines et ordinateurs de bureau, les produits pharmaceutiques et les instruments. Tout cela est logique dans des comparaisons internationales, mais moins dans un bilan comparatif de l’innovation provinciale, étant donné la tendance des régions infranationales à se concentrer davantage sur quelques secteurs clés. Le choix des indicateurs était également limité par la disponibilité de données comparables pour les provinces et pour les différents pays.

Dans l’idéal, les mesures relatives aux activités d’innovation et à leurs résultats seraient obtenues auprès des entreprises, y compris les données sur le pourcentage d’entreprises (et leur taille) innovant sur le plan des produits, des services, des procédés, du marketing et autre, ainsi que sur la performance qui en découle en ce qui concerne le chiffre d’affaires, les frais d’exploitation et la part de marché. Bien que des données relatives à l’activité d’innovation dans les entreprises soient recueillies et comparées à l’échelle internationale, Statistique Canada n’en a pas recueilli suffisamment pour permettre une analyse provinciale. En outre, à notre connaissance, les données internationales et provinciales complètes et comparables mesurant directement l’innovation des entreprises (produits, procédés ou services innovateurs) et ses résultats ne sont pas recueillies. Par conséquent, nous nous appuyons principalement sur un ensemble d’indicateurs de l’innovation sur le plan économique concernant la capacité, lactivité et les résultats de linnovation. 

Les R-D publique (la R-D réalisée par les gouvernements et le secteur de lenseignement supérieur), les chercheurs affectés à la R-D (incluant les chercheurs travaillant pour le gouvernement, le secteur de lenseignement supérieur et les entreprises) et la connectivité sont des indicateurs de la capacité d’innovation, c.-à-d. des ressources et compétences nécessaires pour disposer de fondations solides pour des progrès scientifiques et des échanges d’idées. La catégorie de la capacité comprend également une mesure de la productivité de la communauté scientifique, c.-à-d. les articles scientifiques. Le plus récent bilan comparatif international de l’innovation de la série Les performances du Canada comprenait un indice de la facilité de devenir entrepreneur (indiquant la mesure dans laquelle l’environnement des entreprises et les politiques ambiantes sont favorables à de nouvelles activités) et un indice des articles les plus souvent cités (qui donne une idée de la qualité et de l’utilité des articles scientifiques pour la communauté des sciences, de la technologie de l’innovation au sens large). Malheureusement, on ne dispose pas de données comparables pour les provinces au sujet de ces indicateurs.

L’ambition entrepreneuriale (c.-à-d. le pourcentage de la population âgée de 18 à 64 ans qui déclare être engagée dans une activité entrepreneuriale en phase de démarrage, y compris des tentatives pour créer, posséder et gérer une nouvelle entreprise), les investissements de capital-risque, la RDE et l’investissement dans les TIC sont des indicateurs de l’activité d’innovation, c.-à-d. des investissements consentis par les entreprises et par d’autres investisseurs pour développer des idées et mettre en œuvre des technologies propres à améliorer la productivité, ainsi que des premières mesures prises par les entrepreneurs pour lancer de nouvelles activités.

Les brevets et les taux d’entrée d’entreprises sont des indicateurs des résultats de l’innovation, c.-à-d. des signaux montrant que le processus d’innovation a permis de créer des produits, des services ou des procédés qui méritent d’être protégés et de nouvelles activités qui valent la peine d’être lancées. Les précédentes éditions du bilan comparatif international de l’innovation comprenaient les marques de commerce, mais on ne dispose pas de données comparables pour les provinces et les pays de comparaison.

Enfin, la productivité du travail est un indicateur global de la performance en matière d’innovation. L’amélioration de la productivité du travail résulte d’un certain nombre de facteurs, mais l’innovation joue un rôle important. En tant que mesure de l’efficacité à transformer des intrants (p. ex. compétences, technologies, procédés) en extrants utiles dans la production, le marketing ou la fourniture de produits et de services, la productivité traduit les retombées de l’innovation. Par exemple, l’investissement dans les TIC devrait contribuer à des gains d’efficacité, mais il n’est pas garanti que les entreprises parviennent à mettre en œuvre des TIC et à bien les utiliser. L’évolution de la productivité est une des mesures, certes indirecte, des retombées globales de différentes innovations.

À quoi ressemble le bilan comparatif provincial de l’innovation?

À quoi ressemble le bilan comparatif global de l’innovation du Canada?

Le Canada obtient globalement un « C » au bilan comparatif de l’innovation et il occupe le 9e rang des 16 pays de comparaison. C’est mieux que le « D » et la 13e place qu’il occupait au dernier bilan comparatif sur le sujet. Certes, la série d’indicateurs utilisés pour cette édition est différente de celle employée dans le passé, ce qui fait que les résultats ne sont pas parfaitement comparables. Cependant, le chevauchement est suffisant pour permettre quelques comparaisons. En outre, si nous examinons des données plus anciennes pour la présente série d’indicateurs, il apparaît que la performance du Canada s’est dans l’ensemble améliorée au cours des dernières années, même si l’évolution des différents indicateurs varie.

Le Canada s’est considérablement amélioré à l’indicateur des investissements de capital-risque, passant de la 14e place et d’un « D » en 2009 au 2e rang et à un « B » en 2013 (dernière année pour laquelle on dispose de données). Le Canada s’est aussi quelque peu amélioré en ce qui concerne la connectivité et il obtient de bons résultats à l’indicateur de l’ambition entrepreneuriale.

Le Canada a progressé à quelques indicateurs, mais ses résultats ont aussi empiré à l’indicateur de la RDE et à celui des brevets, qui étaient déjà faibles, et ils ne sont guère brillants à celui des chercheurs affectés à la R-D. De plus, le Canada a enregistré un léger recul de sa R-D publique en pourcentage du PIB.

Quelles sont les provinces les mieux classées en ce qui concerne l’innovation?

Ce sont les trois provinces les plus peuplées qui obtiennent les meilleurs résultats au bilan comparatif global de l’innovation. L’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique sont en effet les mieux classées et elles décrochent une note générale de « B ». Non seulement elles sont les mieux classées au Canada, mais toutes trois se situent dans les 10 premiers du classement général des régions de comparaison. L’Ontario occupe le 5e rang – derrière la Suède, la Finlande, le Danemark et les États-Unis seulement –, tandis que le Québec et la Colombie-Britannique occupent respectivement les 8e et 10e rangs. Ces trois provinces s’en sortent relativement bien sur le plan de l’innovation, grâce en grande partie à l’ambition entrepreneuriale, aux investissements de capital-risque, aux articles scientifiques et, dans le cas de l’Ontario et du Québec, à la proportion élevée de R-D publique.

L’Ontario, qui se classe en tête des provinces, obtient globalement un « B » et occupe le 5e rang, avec un « A » à deux des 11 indicateurs. Avec une R-D publique équivalant à 1,02 % du PIB, il se situe parmi ceux qui dépensent le plus dans le monde. Il décroche également un « A » à l’ambition entrepreneuriale, indicateur auquel toutes les provinces affichent de particulièrement bons résultats par rapport aux pays de comparaison. La province obtient un « B » à cinq indicateurs : articles scientifiques, investissement dans les TIC, capital-risque, connectivité et entrée d’entreprises. Son « D » à la R-D des entreprises et à deux des indicateurs de résultats de l’innovation – les brevets et la productivité du travail – donnent à penser que la province a peut-être du mal à commercialiser ses innovations et à en récolter les fruits.

Le Québec occupe le 8e rang du classement général et obtient une note globale de « B ». Il décroche un « A » à deux indicateurs : les investissements de capital-risque et la R-D publique. Avec des investissements de capital-risque équivalant à 0,14 % du PIB, le Québec arrive 3e au classement général, derrière les États-Unis et la Colombie-Britannique. La province occupe le 5e rang pour ce qui est de la R-D publique, dans une large mesure grâce à ses dépenses de R-D très élevées dans l’enseignement supérieur – soit les troisièmes en importance parmi les régions de comparaison. Le Québec obtient un « B » à deux indicateurs – les articles scientifiques et l’ambition entrepreneuriale – et un « C » à quatre indicateurs, à savoir les chercheurs, la connectivité, la R-D des entreprises et l’investissement dans les TIC. Avec un « D » aux brevets, à l’entrée d’entreprises et en productivité du travail, le Québec a comme l’Ontario du mal à commercialiser ses innovations et à en récolter les fruits.

La Colombie-Britannique obtient elle aussi un « B » global et occupe le 10e rang du classement général. Elle obtient de très bons résultats aux indicateurs liés à l’entrepreneurialisme. Elle se classe 2e parmi les régions de comparaisons à l’ambition entrepreneuriale (avec un « A+ ») et aux investissements de capital-risque (« A »), et elle obtient un « B » à l’entrée d’entreprises. La Colombie-Britannique décroche également un « B » pour ce qui est des articles scientifiques et de la connectivité. Elle obtient un « C » quant à l’investissement dans les TIC et à la R-D publique; un « D » à propos des brevets, des chercheurs et de la productivité du travail; et un « D– » à l’indicateur de la R-D des entreprises. Elle fait certes partie des 10 premiers du classement général, mais il y a largement matière à amélioration dans différents indicateurs.

Comme le montre le graphique, l’Ontario et le Québec ne font mieux que le pays de comparaison le mieux classé à aucun des indicateurs, mais tous deux s’en sortent très bien à deux au moins et assez bien à quelques autres. La Colombie-Britannique réussit à surpasser des pays à l’ambition entrepreneuriale et obtient de très bons résultats à quelques autres indicateurs, mais elle fait pire que le pays le plus mal classé à la R-D des entreprises. Au total, l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique obtiennent d’assez bons résultats à un bon sous-ensemble d’indicateurs de l’innovation pour figurer parmi les dix premiers au classement général.

Comme s’en sort l’autre province la plus peuplée, l’Alberta?

L’Alberta se classe 15e sur 26 régions de comparaison et obtient un « C » au bilan comparatif global de l’innovation. Plus de 18 % des Albertains déclarant être engagés dans une activité entrepreneuriale en phase de démarrage, la province occupe la 1re place et décroche un « A+ » à l’indicateur de l’ambition entrepreneuriale. Elle obtient également un « A » et un 1er rang parmi les provinces pour ce qui est de l’entrée d’entreprises, ce qui renforce l’idée de l’Alberta, province d’entrepreneurs autonomes. La province décroche un « B » en ce qui concerne les articles scientifiques, la connectivité et la productivité du travail. Cependant, sa note à la productivité du travail tient peut-être plus à son économie axée sur les ressources (dont la richesse contribue à son PIB le plus élevé par heure travaillée) qu’à sa performance en matière d’innovation comme telle. L’Alberta obtient un « C » pour l’investissement dans les TIC, mais reçoit un « D » à trois des 11 indicateurs – brevets, investissements de capital-risque et R-D publique – et un « D– » en ce qui concerne les chercheurs et la R-D des entreprises.

Comment s’en sortent les autres provinces?

Sur les six provinces restantes, quatre obtiennent de mauvais résultats en innovation, tandis que deux obtiennent de très mauvais résultats globalement. La Nouvelle-Écosse, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et le Manitoba, qui obtiennent tous un « D » au bilan comparatif global de l’innovation, ne font mieux qu’un seul pays de comparaison, l’Irlande. L’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick se voient chacun attribuer un « D– » et se classent respectivement avant-dernier et dernier des régions de comparaison.

La Nouvelle-Écosse obtient un « D » et se retrouve au 20e rang des 26 régions de comparaison – ce qui en fait la mieux classée des provinces de l’Atlantique. Elle reçoit un « C » à l’indicateur de l’investissement dans les TIC et un « D » pour ce qui est des investissements de capital-risque, de la connectivité, de l’entrée d’entreprises et de la productivité du travail. La Nouvelle-Écosse obtient ses plus mauvaises notes – « D– » – pour les chercheurs, la R-D des entreprises et les brevets. En fait, elle est dernière au classement général à l’indicateur de la R-D des entreprises, indicateur auquel le Canada dans son ensemble se classe dernier parmi les pays de comparaison. La Nouvelle-Écosse obtient de bons résultats à quelques indicateurs. Avec une R-D publique équivalant à 1,12 % du PIB, la province dépasse toutes les autres régions de comparaison et décroche un « A+ » à cet indicateur. Elle obtient un « A » et une 2e place en ce qui concerne les articles scientifiques. Le secteur néo-écossais de l’enseignement supérieur fournit de bonnes bases pour le potentiel en sciences et en innovation – la province occupe d’ailleurs la tête du classement des 26 régions de comparaison pour ce qui est de la R-D de l’enseignement supérieur.

Comme son voisin de l’Ouest, la Saskatchewan obtient de bons résultats pour les indicateurs de l’entrepreneuriat au bilan comparatif de l’innovation; elle obtient un « A+ » et une 3e place au classement international à l’indicateur de l’ambition entrepreneuriale, ainsi qu’un « A » et une 4e place au classement des provinces pour ce qui est de l’entrée d’entreprises. Cependant, des scores allant de médiocres à mauvais à presque tous les autres indicateurs valent à la province un « D » et un 21e rang au classement général du bilan comparatif de l’innovation. La Saskatchewan décroche un « B » pour les articles scientifiques et un « C » pour la connectivité et la productivité du travail. La province est faible pour ce qui est des dépenses et d’attirer des capitaux pour l’innovation, et cela lui vaut un « D » à l’investissement dans les TIC, aux investissements de capital-risque et à la R-D publique, ainsi qu’un « D– » à la R-D des entreprises. La Saskatchewan obtient également un « D– » aux indicateurs des brevets et des chercheurs. Comme le démontre l’expérience de la Saskatchewan, l’esprit de création d’entreprise et l’entrée d’entreprises ne sont pas suffisants pour améliorer la performance d'une région au bilan comparatif de l'innovation. De nouveaux investissements et d’autres activités devraient être envisagés.

 

Terre-Neuve-et-Labrador obtient un « D » et un 22e rang au classement général. Comme la Nouvelle-Écosse, la province se voit attribuer un « D– » pour ce qui est des chercheurs, de la R-D des entreprises et des brevets. Elle obtient un « D » à l’investissement dans les TIC et un « C » en ce qui concerne les articles scientifiques, le capital-risque, la R-D publique et la connectivité. Sa meilleure note est un « A » au taux d’entrée d’entreprises, qui frôle les 16 % et est le troisième meilleur taux parmi les provinces. Terre-Neuve-et-Labrador s’en sort assez bien à deux autres indicateurs et obtient un « B » à l’ambition entrepreneuriale et en productivité du travail. Cependant, comme dans le cas de l’Alberta, le « B » de Terre-Neuve-et-Labrador à l’indicateur de la productivité du travail tient probablement plus au fait d’avoir une économie axée sur les ressources qu’à une économie novatrice comme telle.

Le Manitoba décroche un « D » et une 23e place globalement à l’innovation. Il obtient un « A » pour l’ambition entrepreneuriale et un « B » en ce qui concerne l’entrée d’entreprises, la R-D publique et les articles scientifiques. Hormis un « C » à l’investissement dans les TIC, il se voit toutefois décerner un « D » ou un « D– » à tous les autres indicateurs. Avec une connectivité de seulement 70 %, le Manitoba est la moins connectée des provinces canadiennes, ce qui lui vaut un « D » à cet indicateur; elle fait cependant aussi bien à cet égard que la France et mieux que les États-Unis, l’Irlande et le Japon. Avec une performance inférieure à celle des pays de comparaison les moins bien classés, le Manitoba obtient un « D– » aux indicateurs des brevets, du capital-risque, de la R-D des entreprises et des chercheurs.

Quelles sont les provinces les plus mal classées en matière d’innovation?

Deux provinces, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, obtiennent de très mauvais résultats en matière d’innovation par rapport aux pays de comparaison. Avec des scores généraux moyens inférieurs à ceux du pays le plus mal classé, l’Irlande, les deux provinces se voient attribuer un « D– » au bilan comparatif global de l’innovation et se classent respectivement avant-dernière et dernière des régions de comparaison.

Bien que l’Île-du-Prince-Édouard obtienne un « A » à l’indicateur de l’entrée d’entreprises et de la R-D publique, de même qu’un « B » pour l’investissement dans les TIC et la connectivité, le « D– » qu’elle obtient en raison de résultats inférieurs à ceux du pays de comparaison le plus mal classé à cinq indicateurs fait baisser sensiblement sa note globale et son classement. La province obtient de mauvais résultats à deux des quatre indicateurs de la capacité d’innover, se voyant attribuer un « C » à la R-D publique et un « D– » aux investissements de capital-risque. Elle a aussi un faible rendement aux indicateurs des activités d’innovation obtenant un « C » pour les articles scientifiques et un « D– » à la R-D des entreprises , et aux indicateurs des résultats de l’innovation, où elle obtient un « D– » en ce qui concerne les brevets et la productivité du travail. Étant donné la taille de la province, il est peu probable qu’elle fasse reculer les frontières de l’innovation. Il se peut, cependant, que l’Île-du-Prince-Édouard soit engagée dans la bonne voie en ce qui a trait à l’adoption des innovations pour améliorer des procédés et gagner en efficacité, car elle obtient un « B » à l’investissement dans les TIC, ce qui la classe en tête des provinces et 9e au classement international à cet indicateur. La province obtient également un « B » pour la connectivité, ce qui lui vaut le 3e rang parmi les provinces et le 11e parmi les pays de comparaison. Cependant, la faiblesse de l’Île-du-Prince-Édouard dans toute une série d’indicateurs, y compris la productivité du travail, donne à penser que la route sera longue avant qu’elle réussisse à adopter rapidement des innovations et encore plus pour qu’elle soit la première à le faire.

Le Nouveau-Brunswick occupe le dernier rang du classement des provinces et des pays de comparaison, et il est la seule région à ne décrocher de « A » ou de « B » à aucun indicateur. La province obtient trois « C », trois « D » et quatre « D– », révélant des faiblesses dans les trois catégories de la performance en matière d’innovation, à savoir la capacité, l’activité et les résultats. Pour ce qui est de la capacité d’innover, la R-D publique y est médiocre (elle obtient un « C »), elle attire peu de capital-risque (elle obtient un « D » aux deux indicateurs), et elle compte très peu de chercheurs qui mènent des travaux de R-D (« D– »). Dans la catégorie de l’activité d’innovation, le Nouveau-Brunswick obtient un « D » en ce qui concerne les articles scientifiques et l’investissement dans les TIC, et il se classe avant-dernier des régions de comparaison pour la R-D des entreprises avec des dépenses équivalant à seulement 0,22 % du PIB – soit plus de 10 fois moins que le Japon en pourcentage du PIB. La province se voit également attribuer un « D– » pour les brevets et la productivité du travail et un « C » à l’entrée d’entreprises.

Le Canada est-il en train de franchir un cap en matière d’innovation?

Le Canada décroche un « C » en innovation et se classe 9e sur les 16 pays de comparaison. C’est une amélioration après des années à « D » et une 13e place au dernier bilan comparatif de l’innovation, même si au fil des ans, on a utilisé des séries d’indicateurs quelque peu différentes. Comme le révèle l’analyse ci-dessus, la performance diffère sensiblement d’une province à l’autre, tant globalement qu’à chaque indicateur. Cela complique les efforts déployés pour fournir une seule évaluation générale de la performance du Canada. L’Ontario, par exemple, se révèle être une région dynamique sur le plan de l’innovation, même s’il y a encore place à l’amélioration, alors que le Nouveau-Brunswick présente le plus de faiblesses, tant au Canada et qu’au classement international.

La performance globale du Canada s’est améliorée, mais cette amélioration masque des tendances divergentes à quelques indicateurs. Ces progrès récents résultent en grande partie de l’augmentation considérable des investissements de capital-risque – qui lui permet de passer d’un « D » à un « B » et de l’avant-avant-dernière à la deuxième place au classement général – et de très bons résultats à l’indicateur de l’ambition entrepreneuriale, auquel le Canada obtient un « A » et une 3e place au classement international. Ensemble, ces deux indicateurs laissent supposer qu’un meilleur environnement se dessine sans doute pour les entreprises, notamment en démarrage, alors que les pays de comparaison européens éprouvent des difficultés dans ces domaines.

Le Canada s’est aussi quelque peu amélioré sur le plan de la connectivité, passant d’un « D » à un « C » et de la 14e à la 9e place. En ce qui concerne l’investissement dans les TIC, il est passé d’un « D » à un « C », mais il a reculé de la 8e à la 12e place, car quelques pays l’ont dépassé dans ce domaine où le classement est plus serré. 

Parallèlement, toutefois, la performance du Canada a diminué quant à certains éléments fondamentaux de son écosystème de l’innovation, suscitant des inquiétudes quant à la capacité du pays de poursuivre sur sa lancée récente quant à sa performance globale en matière d’innovation. Déjà à la traîne sur le plan de la R-D des entreprises, le Canada est passé de la 15e à la dernière place au classement international. Non seulement les dépenses en pourcentage du PIB ont baissé, mais la R-D totale des entreprises aussi. Alors que, dans la plupart des pays de comparaison, la R-D des entreprises a augmenté ces dernières années, au Canada, c’est le contraire qui se produit. De plus, la R-D publique y diminue depuis quelques années, au point de le faire rétrograder du 8e au 9e rang du classement international, même s’il conserve un « B ». Bien que le Canada produise plus de brevets par habitant que jamais, il se retrouve à la dernière place à cet indicateur car les pays de comparaison brevettent à un rythme nettement supérieur. Enfin, au nouvel indicateur des chercheurs, le Canada obtient un « D » et un 9e rang au classement international.

En bref, il y a des raisons de se montrer optimiste, mais aussi des sujets de préoccupation quant à la performance du Canada en matière d’innovation. Les activités entrepreneuriales et les investissements de démarrage sont certes en augmentation, mais on note des signes de déclin persistant et croissant dans quelques éléments fondamentaux de la capacité d’innovation du Canada qui pourraient nuire à la performance future.

La complaisance des entreprises canadiennes en matière d’innovation est intenable

La piètre performance du Canada en matière d’innovation est due en grande partie à l’inaction des entreprises dans ce domaine, particulièrement à leurs faibles efforts de commercialisation. Pendant près de deux décennies, les gouvernements fédéral et provinciaux ont réalisé d’importants investissements en éducation, en recherche et en capital de risque. Ils ont également réformé les politiques fiscales et autres pour soutenir et stimuler l’innovation. Le Canada fait d’ailleurs relativement bonne figure concernant ces apports à la recherche et à l’innovation.

Cependant, comme le Conseil des académies canadiennes l’a souligné, les entreprises canadiennes ont seulement été, par le passé, « aussi innovantes que nécessaire », mais pas davantage3. La protection face à la concurrence, les prix élevés des ressources, les échanges commerciaux généralement bons avec les États-Unis, et d’autres éléments ont fait en sorte que pour être rentables, les entreprises canadiennes n’ont pas eu à innover autant que les entreprises d’autres pays. Dans l’ensemble, le Canada a été en mesure de maintenir un niveau de vie élevé malgré la performance relativement faible des entreprises en matière d’innovation.

Mais il appert qu’une faible innovation et un niveau de vie élevé sont de moins en moins soutenables. L’évolution rapide de la conjoncture – notamment la plus grande volatilité des prix des ressources, les changements dans les modalités du commerce international et la vague croissante de départs à la retraite au sein de la main-d’œuvre – a placé la barre plus haute pour les entreprises canadiennes sur le plan de l’innovation au cours des prochaines années. Après des années de laisser-faire, elles devront faire un meilleur usage des intrants que les gouvernements leur ont fournis et améliorer leur apport en matière d’innovation dans un environnement beaucoup plus concurrentiel.

Existe-t-il différentes façons d’innover avec succès?

Les pays qui obtiennent les meilleures notes globales ont réussi à élaborer des stratégies nationales distinctes autour de l’innovation, ce qui leur confère une avance substantielle sur les pays de comparaison dans un ou plusieurs domaines. La Suède, le Danemark et les États-Unis ont toujours obtenu de bons résultats à toute une série d’indicateurs qui mesurent la capacité d’innovation et les résultats obtenus en la matière, même s’ils s’y prennent de deux façons différentes pour réussir.

La voie des sciences publiques

Malgré des faiblesses en ce qui concerne l’ambition entrepreneuriale et les investissements de capital-risque, la Suède est un puissant investisseur tant en investissements publics qu’en investissements des entreprises dans la R-D; sa population est bien connectée et ses taux d’investissement dans les TIC sont élevés. Il n’est donc guère surprenant qu’elle fasse aussi partie des trois pays de tête pour ce qui est des articles scientifiques, des chercheurs et des brevets. Au Danemark et en Finlande, deux autres pays en tête du clasement, on observe un schéma similaire où l’accent est mis sur les investissements dans la R-D, les articles scientifiques, les chercheurs et les brevets. On pourrait dire que ces pays suivent la voie des « sciences publiques » pour nourrir le dynamisme de l’innovation.

Les pays engagés dans cette voie risquent à long terme, toutefois, d’être confrontés à une faible commercialisation de l’innovation, ce qui pourrait saper les efforts visant à améliorer la productivité du travail. Autrement dit, bien que ces pays affichent de bons résultats du point de vue de la capacité et à deux des indicateurs de la performance en matière d’innovation relatifs à l’activité, leurs résultats en ce qui a trait aux indicateurs relatifs à l’entrepreneuriat – à savoir l’ambition entrepreneuriale et les investissements de capital-risque – sont faibles par rapport aux pays de comparaison. En outre, ils obtiennent de faibles notes en ce qui concerne la productivité du travail, le Danemark et la Suède obtenant un « C » et la Finlande un « D ».

La voie de l’entrepreneuriat et de l’investissement des entreprises

En revanche, si les États-Unis affichent des résultats de moyens à médiocres en ce qui concerne la R-D publique, les chercheurs et les articles scientifiques, ils devancent tous les pays de comparaison pour ce qui est de l’ambition entrepreneuriale et des investissements de capital-risque et ils obtiennent de très bons résultats sur le plan de l’investissement dans les TIC et de la R-D des entreprises. On pourrait donc qualifier l’approche des États-Unis de « voie de l’entrepreneuriat et de l’investissement des entreprises », et elle semble produire de très bons résultats en matière de productivité du travail. Les États-Unis décrochent, en effet, un « A » et une 2e place au classement international à l’indicateur de la productivité du travail.

Le risque à long terme pour les États-Unis est, cependant, que quand bien même leurs entreprises sont orientées vers l’innovation, la base de l’éducation en sciences et de la formation des chercheurs sur laquelle elle repose a pris du retard. Certes, les États-Unis ont de très bonnes universités et des antécédents d’excellence scientifique par rapport aux pays de comparaison, mais les occasions de mener des recherches scientifiques et d’acquérir des compétences en recherche sont concentrées dans la population, plutôt que largement réparties.

Un modèle hybride?

Le Canada présente des éléments appartenant aux deux voies. Il a de bonnes universités, de bonnes écoles d’ingénieurs, de bons hôpitaux universitaires et de bons établissements techniques, et il produit des résultats scientifiques respectés dans le monde entier. Il obtient un « B » pour la R-D publique et les articles scientifiques. À ces égards, il copie certains éléments de la voie des « sciences publiques » menant à la réussite sur le plan de l’innovation. En même temps, le Canada et bon nombre des provinces obtiennent de bons résultats pour ce qui est de l’ambition entrepreneuriale et des investissements de capital-risque par rapport aux pays de comparaison et affichent donc certaines caractéristiques de la voie de l’« entrepreneuriat et de l’investissement des entreprises ».

Mais à quelques exceptions près, le Canada ne prend pas les mesures que d’autres pays prennent pour faire en sorte qu’on commercialise avec succès les fruits de la recherche et que cette dernière soit une source d’avantages pour les entreprises novatrices. Les entreprises canadiennes sont rarement à la pointe de nouvelles technologies et se trouvent trop souvent à la traîne derrière des chefs de file mondiaux. De plus, étant donné les signes de nouvelle faiblesse dans la R-D publique et la faiblesse persistante en ce qui concerne la R-D des entreprises, les brevets, l’investissement dans les TIC et la productivité, la performance du Canada en matière d’innovation, même si elle s’améliore dans l’ensemble, repose sur des bases précaires.

Que faudra-t-il pour que le Canada et les provinces se hissent dans les premiers rangs?

Les structures industrielles, les systèmes d’enseignement supérieur ainsi que l’environnement des entreprises et les politiques diffèrent beaucoup d’une province à l’autre. Tout comme leur performance à la série d’indicateurs en matière d’innovation, d’ailleurs. Résultat : les stratégies destinées à améliorer la performance sur le plan de l’innovation seront aussi différentes que les provinces et leur situation actuelle. En fait, si certaines provinces ont la possibilité de se trouver à l’avant-garde mondiale de l’innovation dans certaines industries, d’autres feraient mieux de se concentrer sur l’adoption d’innovations et de technologies mises au point ailleurs pour améliorer l’efficience et la productivité de leurs industries existantes. Il y a, cependant, des principes généraux et des approches que le Canada et toutes les provinces devraient suivre pour favoriser l’innovation.

Augmenter les dépenses d’innovation

Les gouvernements et les entreprises devraient trouver des façons de stimuler les dépenses d’innovation – y compris dans la R-D publique et la R-D des entreprises, l’investissement dans les TIC et le capital-risque, le cas échéant. Le Canada et plusieurs provinces ont affiché de bons résultats dans le passé pour ce qui est de la R-D publique, mais les dépenses en pourcentage du PIB ont légèrement reculé au cours des cinq dernières années. Cela pourrait avoir des conséquences pour la recherche scientifique et sa fonction primordiale dans l’innovation économique et sociale, ainsi que pour l’éducation et la formation des futurs chercheurs qui contribueront à l’innovation en jouant des rôles dans les milieux universitaires, gouvernementaux et des affaires. La R-D publique est sans doute moins prioritaire pour le Canada et les provinces en raison des priorités concurrentielles relatives à la santé et aux infrastructures; mais si on réduit le financement de la recherche, on risque de nuire à la capacité du Canada de relever les défis sanitaires, sociaux et environnementaux auxquels il est confronté, entre autres.

Pour ce qui est de la R-D des entreprises et de l’investissement dans les TIC, les décideurs devraient chercher à déterminer si la combinaison actuelle d’incitations fiscales et d’aide directe stimule vraiment les dépenses et l’investissement, tout en examinant comment les caractéristiques structurelles des économies nationale et provinciales influent sur la R-D des entreprises et l’investissement dans les TIC. Ils devraient également étudier de près de nouvelles solutions pour améliorer les deux, notamment en analysant les pratiques des pays les mieux classés.

Mettre en œuvre la technologie et l’utiliser efficacement

L’investissement dans les TIC est important pour innover, car il fournit l’infrastructure numérique nécessaire à l’échange d’idées et de données essentielles pour la mise au point, la commercialisation et le marketing de produits et services nouveaux et améliorés. Parallèlement, l’adoption et l’utilisation de TIC constituent un processus d’innovation au niveau des entreprises qui contribue à des gains d’efficience et à une croissance de la productivité. Les gains potentiels pour les entreprises, ainsi que pour l’économie et la société plus généralement, fournissent une bonne raison d’encourager l’adoption des technologies.

Sachant que certains facteurs structurels qui empêchent d’adopter des technologies – comme la structure de l’industrie, la taille des entreprises et le ratio du coût de main-d’œuvre au coût du capital – ne sont pas faciles à changer, l’amélioration de la performance devrait se concentrer sur une série de facteurs contextuels et sur le processus décisionnel au niveau de l’entreprise. Une plus grande concurrence dans le secteur des TIC pourrait faire baisser les coûts pour de nombreuses entreprises, tout comme de meilleures incitations à améliorer la productivité et la compétitivité par l’investissement dans les TIC dans les entreprises exposées à une plus forte concurrence.

Créer un bon climat d’affaires

Les Canadiens sont les champions du monde de l’ambition entrepreneuriale. Au final, cependant, ce qui compte pour la performance en matière d’innovation, c’est de savoir si les entrepreneurs et les innovateurs veulent et peuvent donner suite à cette ambition – autrement dit, lancer de nouvelles entreprises et les faire prospérer. Les entrepreneurs canadiens ont besoin d’un climat sain, propice à de nouvelles activités, y compris de la demande du marché et de l’accès au marché voulus; de chaînes d’approvisionnement solides et fiables, de transports et d’une infrastructure de communication; de taux d’imposition favorables et d’un régime fiscal clair; d’une réglementation appropriée; et d’un accès à des capitaux et à des compétences. Les responsables de l’élaboration des politiques ont les moyens de régler certaines de ces questions, mais pas toutes.

Renforcer les compétences en gestion

Les entrepreneurs canadiens manquent parfois des compétences et de l’expérience nécessaires en gestion pour affronter efficacement les défis et les possibilités, pour mettre en œuvre la technologie et pour mener des stratégies et des activités d’innovation, les gérer et en tirer profit. Comparées aux entreprises américaines, qui ont de meilleurs résultats en matière d’innovation et d’investissement dans les TIC, les entreprises canadiennes sont confrontées à un déficit de gestion. Alors qu’aux États-Unis, 48 % des gestionnaires étaient titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur entre 1997 et 2004, ce n’était le cas que de 32 % des gestionnaires canadiens4. En 2011, la proportion de gestionnaires canadiens titulaires de tels diplômes n’était passée qu’à 35 %5.

Si une faible capacité de gestion explique en partie pourquoi les entreprises canadiennes accusent un retard sur le plan de l’innovation, il faudrait donc qu’elles prennent, autant que possible, des mesures pour recourir à l’expertise adéquate, tandis que les décideurs devraient étudier des façons de renforcer la formation et les compétences en gestion pour l’innovation. Des efforts pourraient également être déployés pour améliorer la capacité de gestion des entreprises canadiennes – en éduquant et en formant plus et mieux les gestionnaires et en donnant aux entreprises (en particulier aux petites et moyennes entreprises) des conseils et une aide en gestion – afin d’améliorer l’adoption des TIC et leur utilisation efficace6.  

Notes de bas de page

1    Comité d’experts sur l’innovation dans les entreprises. Innovation et stratégie d’entreprise : pourquoi le Canada n’est pas à la hauteur, Ottawa, Conseil des académies canadiennes, 2009, p. 27.

2    Pour plus de détails sur le calcul des notes et sur le choix des pays de comparaison, consultez la page de la Méthodologie.

3    Conseil des académies canadiennes, Paradox Lost: Explaining Canada’s Research Strength and Innovation Weakness, Ottawa, CCA, 2013, p. 6.

4    Roger Martin et James Milway. Strengthening Management for Prosperity, Toronto, Institute for Competitiveness and Prosperity, 2007, p. 9.

5    Calculs reposant sur l'Enquête nationale auprès des ménages 2011 de Statistique Canada.

6    Daniel Munro. Navigating and Managing Technology-Driven Change, Ottawa, le Conference Board du Canada, 2015.