Classement provincial et territorial 

Environnement

Les données affichées sur cette page datent d’avril 2016.

Messages clés

  • Toutes les provinces canadiennes s’en sortent mal au bilan comparatif de l’environnement. L’Ontario, province la mieux classée, reçoit un « B » et arrive derrière 10 des 15 pays de comparaison.
  • Le Québec, la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard obtiennent un « C » et le Manitoba écope d’un « D » .
  • La Saskatchewan, l’Alberta, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick se situent en queue de peloton avec un « D− », faisant pire que le pays de comparaison le plus mal classé.
  • Avec un « D », le Canada se situe en antépénultième position au classement.

La performance environnementale mise en contexte

Le but des Performances du Canada est avant tout de mesurer la qualité de vie au Canada, dans ses provinces et territoires, ainsi que dans les pays de comparaison. Cependant, il ne suffit pas qu’un pays affiche une haute qualité de vie, celle-ci doit aussi être durable.

Les changements climatiques sont au centre des préoccupations partout dans le monde, et chacun s’accorde enfin pour dire que développer l’économie aux dépens de l’environnement et de ressources physiques rares et limitées n’est évidemment pas une solution durable. Le fait de protéger l’environnement contre des dommages supplémentaires n’est pas un enjeu du futur, mais un défi qu’il faut relever dès aujourd’hui. Si le Canada ne porte pas une attention particulière à la durabilité environnementale, il met en péril sa société et sa qualité de vie.

Comment mesure-t-on la performance environnementale?

Afin de mesurer la performance environnementale, nous évaluons le Canada, ses provinces et 15 pays de comparaison en regard de 10 indicateurs. Nous évaluons les provinces selon un indicateur supplémentaire pour laquelle des données internationales comparables ne sont pas disponibles. Nous établissons aussi une note globale pour chaque province et pays en nous fondant sur leur performance d’ensemble aux 9 indicateurs pour lesquels des données internationales sont disponibles. Pour des renseignements supplémentaires sur le calcul des notes, veuillez consulter la page « Méthodologie » de ce site Web.

Nous n’avons pas inclus les territoires canadiens dans le bilan comparatif de l’environnement, car les données n’étaient pas disponibles pour de nombreux indicateurs ou n’étaient disponibles que sous forme agrégée pour les territoires.

Bien que nous soyons restés aussi cohérents que possible par rapport à nos précédents bilans internationaux de l’environnement, le choix de nos indicateurs a été limité par la disponibilité de données comparables pour les provinces et les pays. Ainsi, aucune donnée provinciale n’était disponible pour les espèces menacées, les changements dans la couverture forestière et l’indice trophique marin. Nous avons donc exclu ces indicateurs de notre bilan. Il n’existait pas non plus de données provinciales pour l’indice de la qualité des eaux, auquel nous avons substitué celui du traitement des eaux usées.

L’utilisation des ressources forestières est un autre important indicateur  de l’environnement que nous avons inclus dans le précédent bilan comparatif de lenvironnement de la série Les performances du Canada. La conservation des forêts est essentielle pour préserver la biodiversité et contribuer à la bonne santé environnementale générale d’un pays (ou dune province). Toutefois, comme les données provinciales et internationales comparables ne sont pas disponibles, nous ne disposons donc pas dun indicateur adéquat pour évaluer dans quelle mesure le Canada et les provinces utilisent leurs ressources forestières. À la place, nous traitons de la performance de chaque province séparément à cet égard, sans faire de comparaisons internationales ni attribuer de notes aux provinces pour cet indicateur. De même, cet indicateur a été exclu des notes provinciales agrégées. 

Les 10 indicateurs du bilan de l’environnement couvrent quatre grandes catégories : la pollution de l’air, les déchets, la gestion de l’eau douce et les changements climatiques.

La pollution de l’air est évaluée en se fondant sur quatre indicateurs : les émissions d’oxydes d’azote, les émissions d’oxydes de soufre, les émissions de composés organiques volatils et les émissions de PM10. Ces émissions contribuent toutes à la formation du smog et des pluies acides, affectant le système respiratoire des êtres humains et des animaux. Leurs effets vont généralement au-delà de l’endroit où elles sont générées et touchent les régions proches.

La performance au chapitre des déchets est mesurée à l’aide d’un seul indicateur : la production de déchets. Les déchets solides éliminés dans des décharges génèrent des gaz à effet de serre (GES), occupent un espace qui pourrait être utilisé de manière plus productive et peuvent laisser échapper des polluants dans l’environnement local. S’ils sont incinérés, la quantité de polluants libérés est inférieure, mais le processus génère plus de GES et autres émissions qui nuisent à la qualité de l’air. L’indicateur de la production de déchets exclut les déchets qui ne sont pas éliminés par enfouissement ou incinération, mais plutôt récupérés pour être recyclés, compostés ou autre. Comme les données internationales ne sont malheureusement pas comparables à celles du Canada et des provinces, nous ne comparons que les données interprovinciales pour cet indicateur. Cet indicateur est également exclu du calcul des notes relatives à la performance environnementale globale.

Les indicateurs utilisés pour évaluer la gestion de l’eau douce sont le traitement des eaux usées et les prélèvements d’eau (à savoir le taux de bois récolté par rapport au taux de repousse de la forêt). Il est indispensable pour tous les pays de garantir l’accès à de l’eau douce propre, car l’eau douce est nécessaire à la plupart des écosystèmes et des activités économiques humaines.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES), la production d’électricité à faibles émissions (à savoir la proportion d’électricité produite en générant de faibles émissions de GES par rapport au total de la production intérieure) et l’intensité énergétique (à savoir la quantité d’énergie consommée par les industries et les particuliers par unité de produit intérieur brut) sont les indicateurs des changements climatiques. Les changements climatiques sont désormais considérés comme un enjeu mondial de première importance qui est susceptible d’altérer le fonctionnement des écosystèmes, la météo et l’habitabilité de la planète. Il faut faire davantage pour réduire les émissions de GES et améliorer l’efficacité énergétique. Certes, les répercussions des changements climatiques varient considérablement d’un endroit à l’autre sur la planète, mais toutes les émissions de GES contribuent au réchauffement climatique, quelle que soit leur provenance.

À quoi ressemble le bilan comparatif provincial de l’environnement?

À quoi ressemble le bilan comparatif global du Canada?

Le Canada écope d’un « D » et se classe 14e sur 16 pays – devançant seulement les États-Unis et l’Australie. Il s’agit d’une baisse de performance par rapport au précédent bilan comparatif national de 2013, où le Canada avait reçu un « C ». Cependant, les deux notes ne sont pas tout à fait comparables, car les indicateurs de ce bilan comparatif ne sont pas identiques à ceux du bilan précédent. Toutefois, le mauvais classement actuel montre clairement que le Canada a encore beaucoup à faire pour améliorer sa performance environnementale.

En ce qui concerne la pollution de l’air, la note du Canada pour les émissions d’oxydes d’azote s’est améliorée, passant d’un « D » à un « C ». Les émissions d’oxydes d’azote par habitant au Canada ont nettement diminué, passant de 101 kg en 1990 à 53 kg en 2014, soit une baisse de 47 %. Certes, le Canada conserve un « B » et un « D » pour les émissions d’oxydes de soufre et celles de composés organiques volatils respectivement, mais il a nettement réduit ses taux d’émission au cours des deux dernières décennies.

En ce qui concerne les prélèvements d’eau, le Canada obtient un « B ». Quant aux indicateurs des changements climatiques, il écope encore d’un « D » pour les émissions de GES et l’intensité énergétique.

Malgré sa mauvaise performance générale en matière d’environnement, le Canada se classe très bien à un indicateur, décrochant un « A » pour la production d’électricité à faibles émissions. Grâce à ses abondantes ressources en eau douce, il produit plus de la moitié de son électricité au moyen de l’énergie hydraulique. L’énergie nucléaire, essentiellement utilisée en Ontario, génère aussi une grande partie de l’électricité totale du pays. Grâce à ces deux sources de production d’électricité et à une faible, mais grandissante capacité de production à partir de sources renouvelables non hydrauliques, presque 80 % de l’électricité canadienne est générée par des sources à faibles émissions.

Quelles sont les provinces les mieux classées au bilan de l’environnement?

L’Ontario est la province la mieux classée, obtenant un « B » et devançant cinq pays. Le Québec, la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard reçoivent un « C » et se classent derrière la Finlande, mais devant les États-Unis et l’Australie.

L’Ontario se retrouve en milieu de peloton, occupant la 11e place sur 26 régions de comparaison. Par rapport aux autres provinces, il affiche une bonne performance en ce qui a trait aux indicateurs de la pollution de l’air, décrochant un « A » pour ses faibles émissions par habitant d’oxydes de soufre et celles d’oxydes d’azote. Comme la province récolte relativement peu d’eau, elle obtient aussi un « A » pour les prélèvements d’eau. L’Ontario n’a plus aucune centrale au charbon depuis la fin de 2014 et compte désormais essentiellement sur les énergies hydraulique et nucléaire pour produire son électricité. Par conséquent, il décroche un « A » pour la production d’électricité à faibles émissions. La province obtient un « B » à quatre indicateurs : les émissions de composés organiques volatils, le traitement des eaux usées, la production de déchets et les émissions de GES. Il doit son seul « C » aux émissions de PM10.

L’Ontario s’en sort mal à un indicateur, écopant d’un « D » pour la production de déchets et l’intensité énergétique.

Deuxième province derrière l’Ontario, le Québec obtient un « C » et occupe la 15e place au classement général. Fort de ses abondantes ressources hydrauliques, il produit 99 % de son électricité en utilisant des sources à faibles émissions, ce qui lui permet d’afficher une excellente performance en matière de production d’électricité à faibles émissions. Il décroche un « A+ » à cet indicateur, faisant mieux que tous les pays de comparaison, et n’est devancé à ce classement que par le Manitoba. La province s’en sort aussi très bien à trois autres indicateurs, recevant un « A » pour les émissions d’oxydes de soufre, les prélèvements d’eau et les émissions de GES. Il obtient un « B » pour les émissions d’oxydes d’azote et le traitement des eaux usées et un « C » pour les émissions de composés organiques volatils et l’utilisation des ressources forestières. Le Québec reçoit un « C » pour la production de déchets. Ses plus mauvaises notes concernent les émissions de PM10 et l’intensité énergétique, indicateurs pour lesquels il écope d’un « D− », faisant pire que le pays de comparaison le plus mal classé.

La Colombie-Britannique se classe troisième parmi les provinces et occupe la 16e place au classement général. À l’instar du Québec, elle tire la majeure partie de son électricité de ses centrales hydroélectriques et obtient donc un « A » pour la production d’électricité à faibles émissions. Elle décroche aussi un « A » pour les émissions d’oxydes de soufre. Elle reçoit un « B » pour les prélèvements d’eau, la production de déchets et les émissions de GES, de même qu’un « C » à deux indicateurs : les émissions de composés organiques volatils et le traitement des eaux usées. La province s’en sort mal pour les émissions d’oxydes d’azote, les émissions de PM10 et l’intensité énergétique, recevant un « D » à ces indicateurs.

L’Île-du-Prince-Édouard se situe en 17e position au classement général, juste derrière la Colombie-Britannique. Sa meilleure note est un « A+ », qu’elle décroche pour la production d’électricité à faibles émissions. L’Île-du-Prince-Édouard est un cas à part parmi les provinces, en ce sens que presque toute l’électricité qui y est produite provient de sources renouvelables non hydrauliques, comme l’énergie éolienne et l’énergie solaire. Il faut toutefois mentionner qu’elle n’est pas en mesure de produire suffisamment d’électricité pour répondre à la demande intérieure et qu’elle importe donc une grande quantité d’électricité du Nouveau-Brunswick. L’Île-du-Prince-Édouard s’en sort aussi très bien à trois autres indicateurs, obtenant un « A » pour les émissions d’oxydes de soufre, le traitement des eaux usées et les prélèvements d’eau. Elle reçoit un « B » pour les émissions d’oxydes d’azote et celles de GES. Sa pire performance concerne les émissions de PM10 et l’intensité énergétique, indicateurs pour lesquels elle écope d’un « D− ». Elle s’en sort aussi médiocrement pour les émissions de composés organiques volatils, avec un « D ».

Quelle province écope globalement d’un « D »?

Le Manitoba est la province des Prairies la mieux classée, mais elle occupe seulement la 5e place parmi les provinces et la 19e position au classement général des 26 régions de comparaison. À l’instar du Québec et de la Colombie-Britannique, il produit la majeure partie de son électricité à partir de sources hydrauliques, ce qui lui vaut un « A+ » pour la production d’électricité à faibles émissions. La province se montre également performante pour les prélèvements d’eau, obtenant un « A » et une 7e place au classement relatif à cet indicateur. Le Manitoba obtient un « B » pour le traitement des eaux usées et un « C » pour les émissions d’oxydes d’azote et celles de GES. En ce qui concerne les cinq indicateurs restants, il s’en sort très mal, écopant d’un « D » pour les émissions de composés organiques volatils, celles de PM10, et la production de déchets, ainsi que d’un « D− » pour les émissions d’oxydes de soufre et l’intensité énergétique. Parmi les provinces et pays du classement, c’est lui qui enregistre le plus haut taux d’émissions d’oxydes de soufre.

Comment les autres provinces de l’Atlantique s’en sortent-elles?

Si l’Île-du-Prince-Édouard reçoit un « C » et occupe la 17e place au classement général, la performance des autres provinces de l’Atlantique est consternante. En effet, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador écopent toutes d’un « D− » et se classent derrière le pays le moins performant, l’Australie.

Le Nouveau-Brunswick arrive juste derrière l’Australie, soit en 22e position au classement général. Il enregistre ses plus mauvais résultats pour ses émissions de PM10 et son intensité énergétique, ce qui lui vaut deux « D− ». Le Nouveau-Brunswick reçoit un « D » pour ses fortes émissions de composés organiques volatils et de GES, ainsi qu’un « C » pour les émissions d’oxydes d’azote et le traitement des eaux usées. Il obtient un « B » pour les émissions d’oxydes de soufre, les prélèvements d’eau, la production de déchets et la production d’électricité à faibles émissions. La province ne décroche aucun « A ».

La Nouvelle-Écosse occupe la 23e place au classement général. Elle écope d’un « D− » pour le traitement des eaux usées et pour deux indicateurs de la pollution de l’air : les émissions d’oxydes d’azote et les émissions de PM10. La province s’en sort également mal en ce qui concerne deux autres indicateurs de la qualité de l’air, recevant un « D » pour les émissions d’oxydes de soufre et celles de composés organiques volatils. Cette situation est probablement due en partie à la dépendance de la province à l’égard du charbon pour produire son électricité. La province enregistre aussi une performance médiocre en ce qui a trait aux indicateurs des changements climatiques, avec un « D » pour la production d’électricité à faibles émissions, l’intensité énergétique et les émissions de GES. Par contre, elle s’en sort bien à deux indicateurs. Elle produit peu de déchets et consomme une quantité relativement faible de l’eau douce dont elle dispose, ce qui lui vaut un « A » pour la production de déchets et les prélèvements d’eau.

Terre-Neuve-et-Labrador, province de l’Atlantique la plus mal classée, occupe la 24e place au classement général, ne se montrant performante qu’à un seul indicateur. Comme elle produit la majeure partie de son électricité à partir de sources hydrauliques, elle décroche un « A » pour la production d’électricité à faibles émissions, devançant tous les pays du classement, à part la Norvège. La province s’en sort relativement bien à l'indicateur des émissions d’oxydes de soufre, obtenant un « B ». Il existe une grande marge d’amélioration pour la plupart des autres indicateurs. Si elle affiche la plus faible intensité énergétique parmi les provinces, recevant un « C », elle arrive quand même derrière 14 des 16 pays analysés dans le bilan comparatif, devant le Canada dans son ensemble et la Finlande uniquement. Terre-Neuve-et-Labrador reçoit aussi un « C » pour les émissions de GES et la production de déchets, ainsi qu’un « D » pour les prélèvements d’eau. Elle obtient en fait le pire résultat au classement provincial pour ce dernier indicateur, ne devançant que les États-Unis. Elle écope d’un « D− » à trois des quatre indicateurs de la pollution de l’air : les émissions d’oxydes d’azote, celles de composés organiques volatils et celles de PM10. Enfin, si plus de 90 % de sa population est raccordée à un réseau d’égout, seule la moitié des eaux usées collectées ne reçoivent pas plus qu’un traitement préliminaire, raison pour laquelle la province écope d’un « D− » pour le traitement des eaux usées et arrive bonne dernière à cet indicateur.

Quelles provinces arrivent en queue de peloton?

L’Alberta et la Saskatchewan occupent les deux dernières places du classement général relatif à l’environnement.

L’Alberta arrive en 25e position au classement général et écope de « D− » pour la plupart des indicateurs du bilan de l’environnement. La province s’en sort mal à tous les indicateurs de la pollution de l’air, recevant un « D− » pour les émissions d’oxydes d’azote, celles de composés organiques volatils et celles de PM10, ainsi qu’un « C » pour les émissions d’oxydes de soufre. Sa performance en ce qui a trait aux indicateurs des changements climatiques est consternante, avec des « D− » pour les émissions de GES, la production d’électricité à faibles émissions et l’intensité énergétique. Ces résultats ne sont guère surprenants étant donné que l’Alberta compte énormément sur les combustibles fossiles pour produire son électricité et que son économie repose sur les industries primaires. L’Alberta reçoit son second « C » pour l’indicateur des prélèvements d’eau, le pire résultat parmi toutes les provinces, mais décroche un « B » pour le traitement des eaux usées.

La Saskatchewan arrive au 26e et dernier rang au classement général. À l’instar de l’Alberta, elle compte énormément sur les combustibles fossiles pour produire son électricité, ce qui lui vaut un « D » pour la production d’électricité à faibles émissions. Elle s’en sort également mal aux indicateurs de la pollution de l’air, écopant d’un « D » pour les émissions d’oxydes de soufre et d’un « D− » pour les émissions d’oxydes d’azote, celles de composés organiques volatils et celles de PM10. Elle reçoit aussi un « D− » pour les autres indicateurs des changements climatiques, étant donné que son économie repose en grande partie sur les industries primaires, ce qui fait grimper son intensité énergétique et ses émissions de GES. Toutefois, la Saskatchewan s’en sort bien à quelques indicateurs. Ainsi, elle utilise une faible quantité d’eau et assure un traitement adéquat de la plupart de ses eaux usées, ce qui lui permet de décrocher un « A » aux indicateurs des prélèvements d’eau et le traitement des eaux usées.

Comment les territoires s’en sortent-ils?

Nous n’incluons pas les territoires dans nos calculs aux fins des comparaisons provinciales et internationales, car les données ne sont pas disponibles pour plusieurs indicateurs du bilan comparatif de l’environnement. Cependant, le Conference Board entend inclure les territoires dans son analyse et fournit donc des renseignements sur leur performance quand des données sont disponibles.

Pollution de l’air

Émissions d’oxydes d’azote : Les trois territoires s’en sortent mal. Le Yukon reçoit un « C » à cet indicateur, tandis que les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut écopent d’un « D− », se classant derrière l’Alberta, qui est la province la moins performante à cet égard.

Émissions d’oxydes de soufre : Le territoires s’en sortent bien à cet indicateur. Le Yukon décroche un « A+ », devançant ainsi toutes les provinces et tous les pays de comparaison. Pour leur part, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut remportent des « A ».

Émissions de composés organiques volatils : Chacun des trois territoires encaisse un « D− » à cet indicateur. Le Nunavut enregistre des émissions de composés volatils organiques particulièrement élevées, se classant derrière la Saskatchewan seulement à ce chapitre.

Émissions de PM10 : Le Yukon s’en sort plutôt bien et décroche un « B », contrairement aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, qui ont des taux d’émission très élevés et écopent d’un « D− ».

Gestion de leau douce

Traitement des eaux usées : Aucune donnée n’est disponible pour ce qui est des territoires individuels, mais les trois territoires écopent collectivement d’un « D− ».

Prélèvements d’eau : Le Nunavut devance l’ensemble des provinces et territoires du Canada et décroche un « A ». Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest obtiennent un « B ».

Changements climatiques

Émissions de gaz à effet de serre : Le Yukon a un taux d’émission de gaz à effet de serre (GES) inférieur à celui de la plupart des provinces, ce qui lui vaut un « B ». Au Canada, seul le Québec fait mieux que lui. Aucune donnée distincte n’est disponible pour les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, qui obtiennent un « D » collectif.

Production d’électricité à faibles émissions : Le Yukon décroche un « A », avec 95 % de son électricité provenant de sources sans combustion. Les Territoires du Nord-Ouest reçoivent un « C ». Le Nunavut, qui produit toute son électricité à partir de la combustion, écope d’un « D− ».

Aucune donnée territoriale n’est disponible pour la production de déchets et l’intensité énergétique.

Comment s’explique la faible performance du Canada en environnement?

Le Canada est un vaste territoire peu densément peuplé, dans l’ensemble. Par conséquent, sa consommation d’énergie par habitant est naturellement plus grande que celle des autres pays comparables. En effet, une plus grande proportion de son énergie se perd lors de la transmission et les distances à parcourir pour le transport des biens et des personnes sont plus longues. Comme bon nombre des indicateurs de ce bilan comparatif sont principalement le résultat de la consommation d’énergie, y compris pour les indicateurs des émissions de GES, de l’intensité énergétique et de la qualité de l’air, la performance générale du Canada à cet égard est mauvaise.

Le Canada est également situé près du Grand Nord et il ne profite guère de la chaleur fournie par le Gulf Stream (la dérive de l’Atlantique Nord, en particulier), contrairement aux pays de comparaison européens situés à une latitude similaire. Le climat froid qui sévit au Canada fait en sorte qu’il faut en moyenne plus d’énergie pour le chauffage que dans la plupart des pays de comparaison.

Comment le Canada et ses provinces peuvent-ils réduire leurs émissions de polluants atmosphériques?

En ce qui concerne la réduction des polluants atmosphériques, la marge d’amélioration est considérable étant donné que toutes les provinces, sauf l’Ontario, écopent d’au moins un « D » ou un « D− » pour l’un des quatre indicateurs de la pollution de l’air et que trois provinces reçoivent trois « D− » chacune.

La performance du Canada est particulièrement faible en ce qui a trait aux émissions de PM10, sept de ses dix provinces écopant d’un « D− ». Les PM10 proviennent de diverses sources, mais à l’échelle nationale, la source la plus importante est la combustion de bois résidentielle, qui représente plus de 40 % des émissions totales de PM10 du pays. Le fait d’amener les habitants du Canada à utiliser d’autres combustibles (l’électricité ou le gaz naturel si possible) pour chauffer leur maison contribuerait grandement à réduire les émissions de PM10.

La plupart des émissions de PM10 restantes proviennent de l’industrie. L’industrie de l’exploitation des mines et des carrières génère de loin les plus grosses quantités de PM10, mais l’industrie céréalière, celle du ciment et du béton, celle du pétrole et celle des pâtes et papier en produisent aussi beaucoup. L’adoption de règles plus strictes en matière de qualité de l’air dans ces industries pourrait aussi aider à réduire les émissions de PM10. Cependant, il s’avérera difficile de limiter les émissions de PM10 générées par plusieurs industries très polluantes, notamment celle de l’exploitation des mines et des carrières et celle du ciment et du béton. Une bonne partie des PM10 émises par ces industries ne résulte pas directement de la consommation d’énergie, mais est un sous-produit de leurs activités (comme la poussière de pierre formée par le forage ou le dynamitage). Donc, dans une certaine mesure, ces industries ne peuvent pas atténuer leurs émissions sans qu’on leur demande de confiner et filtrer les matières particulaires générées par leurs activités ou de réduire ces activités.

Le Canada s’en sort également mal aux indicateurs des émissions de composés organiques volatils et celles d’oxydes d’azote. L’industrie pétrolière génère d’importantes émissions, soit environ 23 % des oxydes d’azote émis au Canada et 39 % des composés organiques volatils. Les véhicules (routiers, hors route, marins, ferroviaires et aériens) sont aussi à l’origine d’une immense proportion des polluants atmosphériques néfastes, produisant plus de 50 % des oxydes d’azote et plus de 20 % des composés organiques volatils au Canada. Donc, pour réduire les émissions canadiennes d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils, il faudra surtout que les industries du pétrole et du transport fassent d’énormes progrès à cet égard.

Le meilleur moyen de réduire les émissions de ces industries consiste à durcir les règles à ce sujet. Les plus fortes répercussions d’un pareil durcissement se feraient sentir en Saskatchewan et en Alberta, provinces les moins performantes sur le plan environnemental, étant donné qu’elles ont une importante industrie pétrolière et une activité de transport supérieure à la moyenne (mesurée selon la consommation de carburant). Le développement de technologies associées aux véhicules à carburant de remplacement, qui réduiraient la consommation de diesel et d’essence dans l’industrie du transport, contribuerait aussi beaucoup à réduire les émissions de polluants atmosphériques au Canada.

Que pourrait faire le Canada pour mieux gérer ses eaux douces?

Plusieurs provinces s’en sortent bien et décrochent un « A » pour au moins un indicateur de la gestion de l’eau douce. Cependant, à l’échelle nationale, des améliorations sont nécessaires, surtout pour le traitement des eaux usées.

En veillant à ce que les eaux usées du Canada soient adéquatement traitées, on contribue à préserver l’environnement et à faire en sorte que les eaux des nappes phréatiques puissent être consommées sans risque. Si la plupart des provinces peuvent améliorer dans une certaine mesure le traitement de leurs eaux usées, Terre-Neuve-et-Labrador est celle qui doit le plus progresser à cet égard. Comme environ la moitié de ses eaux d’égout ne sont pas traitées, la province pourrait faire d’immenses progrès en augmentant la quantité des eaux usées collectées qui reçoivent au moins un traitement primaire.

Que peut faire le Canada pour contribuer à atténuer les changements climatiques?

Lors de la 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 (ou « COP21 »), les 195 pays participants ont convenu de limiter leurs émissions de carbone afin de « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels1 ». Pour atteindre cet objectif ambitieux (bien que non contraignant), il faudra, selon les estimations, ramener les émissions mondiales nettes de carbone (CO2) dues à l’activité humaine à zéro entre 2055 et 20702. Au vu de ses mauvaises notes pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’intensité énergétique, le Canada a encore beaucoup de chemin à parcourir pour y arriver.

En augmentant la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie et en passant à des sources d’électricité à faibles émissions, le Canada pourra réduire encore ses émissions de carbone. Il s’en sort bien à cet égard, avec plus de 80 % de son électricité issue de sources à faibles émissions. Grâce à ses abondantes ressources en eau douce, il produit plus de la moitié de son électricité au moyen de l’énergie hydraulique. L’énergie nucléaire, essentiellement utilisée en Ontario, génère aussi une grande partie de l’électricité totale du pays. Cependant, plusieurs provinces continuent de dépendre largement des combustibles fossiles pour la production de leur électricité – surtout l’Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse. Afin d’améliorer leur performance environnementale, ces provinces pourraient accroître leur utilisation des ressources hydrauliques ou investir dans d’autres sources d’énergie renouvelable, comme les énergies éolienne et solaire. Une autre solution, récemment étudiée en Saskatchewan, consiste à doter les centrales au charbon de la technologie de captage et de stockage du carbone. La Nouvelle-Écosse, la seule de ces trois provinces à avoir un accès à l’océan Atlantique, pourrait développer sa capacité marémotrice dans la baie de Fundy. Cependant, il convient de noter qu’aucune de ces provinces n’a une capacité hydraulique non développée qui pourrait remplacer avantageusement les centrales à combustion thermique, et que les énergies renouvelables autres qu’hydrauliques sont généralement plus chères à exploiter que les centrales thermiques. La technologie de captage et de stockage du carbone est elle aussi très coûteuse à adopter.

Une autre solution pour ces trois provinces consiste à recourir davantage au gaz naturel et à diminuer leur consommation de charbon, car la combustion du gaz naturel est moins polluante. Bien que le gaz naturel ne soit pas considéré comme une source d’électricité à faibles émissions, sa combustion génère nettement moins de gaz à effet de serre par unité d’énergie que celle du charbon. L’investissement dans des centrales au gaz naturel à cycle combiné (qui affichent un rendement de conversion très supérieur à celui des centrales traditionnelles au gaz naturel) pourrait aussi contribuer à réduire les gaz à effet de serre.

Parmi les pays analysés dans le bilan comparatif, le Canada enregistre l’un des taux les plus élevés d’émissions de GES. Seuls les États-Unis et l’Australie font pire que lui. Comme environ 12 % des émissions de GES du Canada sont générées lors de la production d’électricité, les mesures susmentionnées, qui consistent à réduire l’utilisation des centrales au charbon et à recourir davantage à des sources d’énergie renouvelable, pourraient contribuer à faire diminuer l’ensemble des émissions.

Cependant, pour réduire ses émissions de GES de façon considérable, le Canada doit s’attaquer aux principales sources d’émission. Le transport représente à lui seul 28 % des émissions de GES du pays. Les industries minières et pétrolière émettent 23 % des GES du Canada, si l’on tient compte des émissions fugitives (comme celles issues du torchage). Comme le transport et l’extraction des ressources sont indéniablement essentiels à l’économie canadienne, les décideurs sont confrontés à la difficile tâche de trouver des solutions qui répondent adéquatement aux priorités environnementales sans sacrifier totalement la croissance.

Le Canada a beaucoup à faire pour devenir une économie à faibles émissions de carbone – sachant surtout qu’il consomme beaucoup d’énergie en raison de son climat, de son immensité géographique et de sa structure industrielle. Le durcissement des règles sur l’efficacité énergétique destinées à une partie ou l’ensemble des secteurs d’activité contribuerait à faire diminuer la consommation d’énergie. On pourrait atteindre ce but en renforçant les normes sur l’efficacité énergétique ou en cessant progressivement d’utiliser des combustibles fossiles traditionnels, ou les deux. Le développement des technologies de véhicule à carburant de remplacement aiderait à réduire les émissions de l’industrie du transport et à améliorer aussi la qualité de l’air3.

La tarification du carbone constitue également un outil essentiel pour réduire les émissions à l’origine du réchauffement planétaire. Un moyen direct de tarifer le carbone consiste à créer une taxe sur les émissions carboniques, à savoir un impôt sur la pollution – dont les émetteurs de GES devraient s’acquitter en fonction de la quantité de carbone produite par la combustion de combustibles fossiles. Un autre moyen consiste à instaurer un système de plafonnement et d’échange, dans le cadre duquel les entreprises doivent atteindre certains objectifs d’émission, mais peuvent, si elles n’y parviennent pas, acheter des « crédits de carbone » à d’autres entreprises qui ont dépassé les attentes en la matière.

Il est rassurant de constater que plusieurs provinces prennent des mesures pour tarifer le carbone. La Colombie-Britannique a instauré une taxe sur les émissions carboniques, le Québec a mis en place un système de plafonnement et d’échange » et l’Alberta taxe les entreprises à fortes émissions qui sont incapables d’atteindre les cibles de réduction des émissions de GES. Dans un avenir proche, l’Ontario prévoit mettre en œuvre son propre système de plafonnement et d’échange, et l’Alberta compte remplacer en janvier 2017 sa taxe sur les émissions de GES par une taxe sur les émissions carboniques.

Certes, ce sont les industries qui émettent la majeure partie des GES, mais il faut en faire davantage pour inciter les particuliers à adopter des comportements plus efficaces en matière de consommation d’énergie – par exemple, en les encourageant à mettre en place des initiatives écoénergétiques, comme une meilleure isolation et l’utilisation de fournaises ou de chauffe-eau à haut rendement. Des normes d’émission plus rigoureuses sur les véhicules, ainsi qu’un meilleur accès aux transports en commun et une optimisation des réseaux de transport en commun pourraient également jouer un rôle décisif.

Enfin, pour atteindre les importantes réductions d’émissions nécessaires afin de lutter contre les changements climatiques, le Canada doit investir dans les technologies et les innovations vertes. Comme bon nombre des solutions suggérées pour réduire les émissions de GES sont chères à mettre en œuvre, le coût est probablement le plus grand obstacle à leur adoption. Bref, étant donné la technologie et la structure de coûts actuels, le Canada ne pourra réaliser les importantes réductions des émissions de GES requises sans engager des dépenses très élevées. Investir davantage dans les énergies renouvelables pourrait permettre le développement de sources plus efficaces et rentables. De plus, il est indispensable, tant pour le secteur public que les entreprises, d’investir davantage dans la recherche et le développement pour découvrir les technologies innovantes et les inventions nécessaires permettant de réduire considérablement les émissions.

Hélas, ces dernières années, la part du PIB consacrée à la recherche et au développement a chuté dans le secteur public et les entreprises. Cependant, il est encourageant de constater que le Canada a récemment accepté de participer à l’initiative internationale « Mission Innovation », dans le cadre de laquelle 20 des pays les plus riches du monde se sont engagés à doubler en cinq ans leurs investissements dans l’innovation d’énergies propres. Un groupe d’investisseurs privés, dont le fondateur de Microsoft, Bill Gates, a également promis d’appuyer les premières étapes du développement de cette innovation4. Chaque année, le Canada investira 100 M$ supplémentaires dans les entreprises de technologies propres et 200 M$ supplémentaires pour appuyer l’innovation et l’utilisation des technologies propres dans le secteur des ressources naturelles5. L’instauration plus générale et uniforme d’une taxe sur le carbone contribuerait aussi à encourager le secteur privé à réduire les GES.

Notes de bas de page

1    ONU. Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Adoption de l’Accord de Paris, p. 24.

2    Programme des Nations Unies pour l’environnement. The Emissions Gap Report 2014, Nairobi, PNUE, 2014, p. XV (résumé en français sous le titre Rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions – synthèse du PNUE).

3    Pour en savoir plus sur la réduction atteignable des émissions de gaz à effet de serre grâce aux technologies de véhicules à carburant de remplacement, veuillez consulter Allison Robins, James Knowles et Len Coad, A Long, Hard Road: Reducing GHG Emissions in Canada’s Road Transportation Sector by 2050, Ottawa, Le Conference Board du Canada, 2015 (résumé en français sous le titre Une route longue et difficile : réduire les émissions de GES dans le secteur canadien du transport routier d’ici 2050).

4    Mission Innovation. Mission Innovation: Accelerating the Clean Energy Revolution.

5    Cabinet du premier ministre du Canada. Participation du Canada à Mission Innovation, communiqué de presse, 30 novembre 2015.